Kaolack — Le président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), Moustapha Ka, a appelé, mercredi 19 août à Kaolack, à une implication plus forte des populations dans les questions liées à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la bonne gouvernance.
S’exprimant dans le cadre des activités de l’OFNAC, Moustapha Ka a notamment insisté sur le rôle que peuvent jouer les citoyens, les médias et les relais communautaires dans la promotion d’une culture de responsabilité et d’intégrité au sein de la société.
Pourquoi impliquer les populations ?
La lutte contre la fraude et la corruption ne peut pas reposer uniquement sur les institutions de contrôle et les services de l’État. Elle nécessite également la participation des citoyens, qui sont souvent les premiers témoins des pratiques susceptibles de porter atteinte à la bonne gestion des ressources publiques.
Cette implication permet notamment de mieux informer les populations sur leurs droits et leurs devoirs, de faciliter la remontée des préoccupations du terrain et de renforcer la vigilance citoyenne. Lorsqu’un citoyen comprend les mécanismes de la corruption et sait comment signaler une situation préoccupante, il devient un acteur potentiel de la prévention.
Dans cette dynamique, les médias occupent une place importante. Par leur travail d’information et d’investigation, ils peuvent contribuer à sensibiliser l’opinion, expliquer les enjeux de la gouvernance et donner davantage de visibilité aux questions liées à la transparence dans la gestion publique.
Les relais communautaires, quant à eux, constituent un lien direct avec les populations. Leur proximité avec les quartiers, les villages et les différentes catégories sociales peut faciliter la diffusion des messages de sensibilisation, particulièrement auprès des personnes qui ont moins accès aux informations institutionnelles.
De la dénonciation à la prévention
L’implication citoyenne ne doit cependant pas être comprise uniquement comme une invitation à dénoncer des faits présumés de corruption. Elle doit aussi s’inscrire dans une démarche de prévention, d’éducation et de responsabilité collective.
La bonne gouvernance repose en effet sur plusieurs piliers : la transparence dans la gestion des affaires publiques, le respect des procédures, la responsabilité des gestionnaires, mais également la vigilance des citoyens.
Pour l’OFNAC, le défi consiste donc à rapprocher davantage les mécanismes de lutte contre la corruption des réalités quotidiennes des populations. Cette proximité peut contribuer à instaurer progressivement une véritable culture de l’intégrité.
À Kaolack, l’appel de Moustapha Ka prend ainsi une dimension particulière : il rappelle que la transparence ne doit pas être considérée comme une affaire réservée aux institutions. Elle concerne l’ensemble de la société et suppose une responsabilité partagée entre l’État, les collectivités territoriales, les médias, les organisations communautaires et les citoyens.
La lutte contre la corruption ne peut produire des résultats durables que si elle s’accompagne d’une prise de conscience collective. En faisant des populations des partenaires de la prévention et de la promotion de la bonne gouvernance, les autorités disposent d’un levier supplémentaire pour renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions.
Mamadou Camara – Journaliste
Camou Communication – Kaolack
