Déclaration de Politique Générale : Le Premier ministre, Al Aminou Lo, la motion de censure en embuscade ?

Le Premier ministre Al Aminou Lo ira-t-il finalement à l’Assemblée nationale pour sa déclaration de politique générale ? Ou le Palais cherche-t-il encore la sortie de secours avant d’entrer dans l’arène parlementaire ?

Car cette fois, il ne s’agit pas d’un simple exercice de communication avec pupitre, drapeaux et applaudissements de circonstance. En face, il y a une majorité parlementaire qui n’a visiblement pas l’intention de distribuer des fleurs au Gouvernement.

 

Le contentieux est désormais aussi épais qu’un dossier judiciaire sous régime de classement vertical : FMI et restructuration, dette souveraine, subventions, coût de la vie, renégociation des contrats, affaires judiciaires, fonds politiques, réformes constitutionnelles… La liste est longue. Très longue.

Autrement dit, le Premier ministre ne risque pas seulement de lire une déclaration. Il risque de devoir rendre des comptes politiquement, économiquement et institutionnellement devant des députés qui pourraient avoir quelques questions… et surtout quelques comptes à régler.

 

Le vrai sujet n’est donc plus seulement : « Que dira Al Aminou Lo ? »

La vraie question est : « Que se passera-t-il après qu’il aura parlé ? »

Parce qu’une déclaration de politique générale, normalement, c’est le Gouvernement qui expose sa feuille de route et la majorité qui l’accompagne. Mais lorsque la majorité parlementaire commence elle-même à contester certains choix du Gouvernement, le pupitre peut soudainement ressembler à une chaise électrique.

Et dans les couloirs de l’Assemblée, une expression pourrait déjà faire frissonner quelques costards : motion de censure.

Le Gouvernement peut toujours gagner du temps, multiplier les consultations, huiler les mécanismes politiques et chercher le compromis. Mais à force de repousser l’épreuve parlementaire, une question finit fatalement par s’imposer : est-ce de la prudence ou de la peur ?

 

Car le Parlement n’est pas un décor institutionnel. Une majorité parlementaire n’est pas une foule de figurants venus applaudir au bon moment. Elle peut soutenir, questionner, négocier… et, lorsque la rupture devient consommée, censurer.

Al Aminou Lo est donc devant un drôle de dilemme : aller à l’Assemblée et prendre le risque du bras de fer, ou ne pas y aller et donner l’impression que le Gouvernement redoute son propre camp parlementaire.

Dans les deux cas, la politique ne pardonne pas.

 

À Dakar, on attend donc le grand oral. Mais derrière les micros, les caméras et les formules savamment préparées, il y a surtout une question qui brûle les lèvres : qui, du Gouvernement ou de la majorité parlementaire, dégainera le premier ?

Le pupitre est prêt. Les députés aussi.

Et quelque part, dans les coulisses, la motion de censure pourrait déjà être en train de repasser son costume.

Malick BA

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