Santé mentale : Ansoumana Dione dénonce la  » confiscation  » de la Journée mondiale du 10 Octobre par la psychiatrie sénégalaise Le président de l’ASSAMM alerte le Chef de l'Etat

Kaolack, 3 septembre 2026 — À l’approche de la Journée mondiale de la santé mentale, prévue le 10 octobre 2026, le président de l’Association sénégalaise pour le suivi et l’assistance aux malades mentaux (ASSAMM), Ansoumana Dione, tire la sonnette d’alarme et dénonce ce qu’il qualifie de « confiscation » de cette journée par la psychiatrie sénégalaise.

Selon le responsable associatif, aucune réunion n’aurait, à sa connaissance, été convoquée à ce jour par les autorités sanitaires pour préparer officiellement la célébration de cette journée dédiée à la sensibilisation et au plaidoyer en faveur des personnes vivant avec des troubles mentaux.

Ansoumana Dione estime que, depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, en 2024, les associations de défense des droits des malades mentaux sont progressivement écartées de l’organisation de cette journée. Il affirme que les autorités sanitaires organiseraient certaines activités sans véritable implication des associations concernées, évoquant notamment la célébration de 2025, qu’il décrit comme ayant été organisée « en cachette ».

Pour le président de l’ASSAMM, cette situation constitue une injustice à l’égard des organisations qui œuvrent au quotidien pour la défense des personnes souffrant de troubles mentaux. Il rappelle que la Journée mondiale de la santé mentale doit avant tout être un moment de sensibilisation, de mobilisation et de plaidoyer pour améliorer la prise en charge de la santé mentale.

« La situation reste catastrophique »

Au-delà de la question de l’organisation de la journée du 10 octobre, Ansoumana Dione dénonce une situation qu’il juge toujours « catastrophique » dans le domaine de la santé mentale au Sénégal.

Il cite notamment l’absence de services psychiatriques dans de nombreuses structures sanitaires, le coût élevé des médicaments, le déficit de personnels spécialisés et les difficultés d’accès aux soins parmi les principaux défis auxquels les pouvoirs publics doivent s’attaquer.

Il regrette également, selon lui, le silence des professionnels et des acteurs institutionnels face à ces difficultés et appelle à un débat public plus franc sur l’état de la santé mentale au Sénégal.

Un appel au ministre de la Santé

Ansoumana Dione interpelle directement le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, auquel il demande de mettre fin à ce qu’il considère comme une marginalisation des associations de défense des intérêts des malades mentaux.

Il plaide pour une implication effective des organisations de la société civile dans la préparation et la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale, estimant que celles-ci doivent pouvoir, à tour de rôle, porter cette importante journée de sensibilisation et de plaidoyer.

À quelques semaines du 10 octobre 2026, le président de l’ASSAMM souhaite ainsi que les autorités sanitaires prennent les dispositions nécessaires afin que cette journée soit l’occasion de remettre au cœur du débat national les conditions de prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux au Sénégal.

Mamadou Camara – Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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