L’affaire Pape Abdoulaye Touré connaît un nouveau rebondissement. Deux ans après le dépôt de la plainte du jeune activiste, quatre personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre des investigations menées par la Section de recherches de Dakar.
Selon les informations rapportées ce vendredi 18 septembre 2026 par plusieurs médias sénégalais, les personnes concernées sont deux vigiles qui travaillaient chez l’ancien ministre Pape Malick Ndour au moment des faits, ainsi que deux agents du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), dont un responsable de la sécurité. Ils devraient être présentés au parquet de Dakar à l’issue de leur garde à vue.
Une plainte déposée en septembre 2024
Pour rappel, Pape Abdoulaye Touré avait saisi la justice le 9 septembre 2024, dénonçant des faits qu’il affirme avoir subis dans la nuit du 2 juin 2023, dans le contexte particulièrement tendu des événements politiques de cette période.
Dans sa plainte, il avait notamment mis en cause l’ancien ministre Pape Malick Ndour, l’ancien ministre de l’Intérieur Antoine Félix Diome, l’ancien Haut commandant de la Gendarmerie nationale, le général Moussa Fall, ainsi qu’un gendarme désigné sous le nom de « Chef Sow ». Les faits dénoncés portaient notamment sur des accusations d’enlèvement, de séquestration, de violences et de torture.
La reconstitution situe l’interpellation à la Cité CPI
Les investigations menées par les enquêteurs ont notamment donné lieu à une reconstitution des faits.
Selon les informations rapportées par la presse, les éléments recueillis au cours de cette reconstitution situeraient l’interpellation initiale de Pape Abdoulaye Touré dans le secteur de la Cité CPI, un quartier où résidaient alors plusieurs personnalités, notamment Pape Malick Ndour et Mansour Faye.
Cette nouvelle donnée constitue un élément important du dossier, mais elle ne permet pas, à elle seule, d’établir la responsabilité pénale des personnes citées. L’enquête judiciaire devra déterminer avec précision le rôle éventuel de chacun dans les faits dénoncés.
Les quatre mis en cause contestent les accusations
Au cours de leurs auditions, les quatre personnes placées en garde à vue auraient catégoriquement réfuté les accusations formulées par Pape Abdoulaye Touré.
Selon les éléments rapportés par la presse, les deux vigiles reconnaissent avoir appréhendé l’activiste, mais soutiennent l’avoir ensuite remis aux gendarmes présents dans le secteur. Ils contestent en revanche toute violence à son encontre.
De son côté, l’un des agents du COUD nie avoir été présent sur les lieux au moment des faits. Son implication serait, selon cette version, liée à un échange téléphonique portant notamment sur la vérification du statut d’étudiant de Pape Abdoulaye Touré.
Antoine Diome et le général Moussa Fall toujours cités dans la procédure
Ces quatre arrestations ne mettent pas fin aux interrogations entourant le dossier.
La plainte déposée par Pape Abdoulaye Touré vise également Antoine Félix Diome et le général Moussa Fall, ainsi qu’une personne désignée comme « Chef Sow ». Leur citation dans la plainte ne préjuge toutefois ni de leur implication ni d’une quelconque responsabilité pénale, celles-ci devant être établies dans le cadre de la procédure judiciaire.
Au-delà des quatre gardes à vue, plusieurs questions demeurent donc posées : quelles ont été les circonstances exactes de l’interpellation ? Qui était présent sur les lieux ? Quel a été le rôle de chacun des protagonistes ? Et surtout, que s’est-il réellement passé entre l’interpellation de Pape Abdoulaye Touré et sa prise en charge par les forces de sécurité ?
Autant d’interrogations auxquelles la poursuite de l’enquête et les éventuelles suites judiciaires devront apporter des réponses.
L’affaire Pape Abdoulaye Touré reste ainsi loin d’avoir livré tous ses secrets. Les nouvelles interpellations constituent une étape importante de la procédure, mais elles ne sauraient, à ce stade, préjuger de la culpabilité des personnes concernées.
Mamadou Camara-Journaliste
Camou Communication
Kaolack
