À l’approche des prochaines échéances locales, le débat sur la gouvernance des collectivités territoriales prend une nouvelle dimension dans le Saloum. Au-delà des appartenances politiques, une question s’impose progressivement dans les territoires : quel profil d’élu pour répondre concrètement aux défis du développement local ?
La Vision Sénégal 2050 et ses orientations en matière de transformation économique accordent une place importante au développement territorial, aux pôles économiques, aux chaînes de valeur locales et à la souveraineté alimentaire. L’objectif affiché est notamment de faire émerger des territoires capables de s’appuyer sur leurs potentialités agricoles, industrielles et économiques.
Dans ce contexte, les collectivités territoriales apparaissent comme un maillon essentiel de la mise en œuvre du développement au plus près des populations. Le ministère de l’Intérieur rappelle d’ailleurs que la décentralisation vise notamment le rapprochement de l’administration des usagers, la qualité du service public et la promotion du développement local, dans le respect de la libre administration des collectivités.
Dès lors, le débat municipal pourrait progressivement dépasser les logiques traditionnelles de mobilisation politique, de folklore électoral, de promesses et de distribution ponctuelle d’argent. Dans plusieurs localités du Saloum, les populations semblent davantage intéressées par les questions concrètes : agriculture, élevage, pêche, transformation des produits locaux, emploi des jeunes, accès aux services essentiels, infrastructures et création de richesses.
De la politique politicienne à la compétence locale ?
L’enjeu serait désormais de savoir si les futurs conseils municipaux pourront réunir des femmes et des hommes disposant d’une connaissance réelle des réalités économiques et sociales de leur territoire.
Opérateurs économiques, agriculteurs, éleveurs, acteurs de la pêche, entrepreneurs, techniciens, jeunes professionnels et citoyens engagés pourraient ainsi trouver davantage de place dans les discussions sur l’avenir des communes.
L’idée n’est pas d’opposer systématiquement les politiques aux acteurs de la société civile, mais de poser une question simple : l’étiquette politique suffit-elle encore à déterminer la capacité à gérer efficacement une collectivité ?
Dans le Saloum, de Taïba Niassène à Keur Maba, en passant par Médina Sabakh, Ngayène Sabakh, Keur Socé et d’autres territoires, les prochaines batailles électorales pourraient être fortement marquées par cette interrogation.
Taïba Niassène : Abib Thiam parmi les profils cités dans le débat local
À Taïba Niassène, le nom d’Abib Thiam revient également dans les discussions autour du développement local. Son parcours dans le secteur agricole et son implication dans les questions économiques liées au monde rural alimentent le débat sur les profils susceptibles de porter une nouvelle approche de la gouvernance territoriale.
Sans préjuger de l’issue d’une future compétition électorale, son positionnement illustre une tendance qui pourrait prendre de l’ampleur : celle de citoyens souhaitant mettre leur expérience professionnelle et économique au service de leur territoire.
Une jeunesse qui observe et questionne
L’essor des réseaux sociaux contribue également à transformer le rapport entre électeurs et responsables locaux. Les citoyens disposent aujourd’hui de davantage de moyens pour suivre, comparer, questionner et discuter les actions de leurs dirigeants.
Dans les villages comme dans les centres urbains du Saloum, une nouvelle génération semble vouloir davantage de résultats mesurables que de simples slogans.
Le leadership local pourrait ainsi être de plus en plus apprécié à travers des critères tels que la capacité à attirer des investissements, développer l’agriculture, valoriser les productions locales, créer des emplois, améliorer les services publics et défendre les intérêts économiques du territoire.
Être élu ne devrait plus seulement être perçu comme un aboutissement politique, mais comme une responsabilité au service du terroir.
À l’horizon des prochaines échéances locales, la compétition pourrait donc se jouer autant sur les programmes et les profils que sur les appartenances politiques. Dans les urnes, ce seront finalement les électeurs qui trancheront.
Dans le Saloum, une nouvelle exigence semble émerger : moins de spectacle, davantage de résultats ; moins de promesses, davantage de projets ; moins de personnalisation, davantage de service public.
La bataille des territoires ne fait peut-être que commencer.
Mamadou Camara – Journaliste
Camou Communication
