À Kaolack, le dossier de la Gouvernance est devenu, au fil des années, l’un des symboles des chantiers publics qui s’éternisent sans explication claire.
Le projet de construction de la nouvelle Gouvernance est engagé depuis de nombreuses années. En avril 2021, la presse rapportait déjà que la Gouvernance était « en construction depuis quinze ans », ce qui situe le lancement du chantier autour du milieu des années 2000. En août 2024, les populations dénonçaient encore un chantier à l’arrêt depuis plus de dix ans.
Plus d’une décennie d’attente : où en est réellement ce dossier ?
Le bâtiment est pourtant sorti de terre et, selon les témoignages rapportés par la presse locale, les travaux semblaient avoir atteint un niveau où des finitions restaient à réaliser avant une éventuelle livraison. Mais le chantier a été abandonné, laissant progressivement la végétation envahir les lieux.
Plus inquiétant encore, une publication de Camou Communication datant de décembre 2024 rapportait, sur la base d’une source, que l’entrepreneur chargé des travaux serait devenu introuvable, laissant derrière lui un chantier inachevé. Cette information appelle naturellement à être vérifiée par les autorités compétentes : quelle entreprise avait obtenu le marché ? Quel était le montant du contrat ? Quel était le délai contractuel ? Combien l’État a-t-il déjà payé ? Pourquoi les travaux ont-ils été interrompus ?
L’ancienne Gouvernance : un patrimoine administratif devenu un problème de sécurité
Pendant que la nouvelle infrastructure reste inachevée, l’ancienne Gouvernance continue de se dégrader au cœur de Kaolack.
Des publications locales ont décrit le site comme un lieu de retranchement pour des badauds et des individus soupçonnés de fréquenter les lieux à des fins délictueuses. L’état de vétusté des bureaux, des archives et des bâtiments administratifs pose également des questions de sécurité pour les personnes qui peuvent encore s’en approcher.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que le site se trouve dans une zone centrale de la ville, à proximité de plusieurs institutions et services importants.
Une Gouvernance installée loin du centre-ville
Parallèlement, les services de la Gouvernance fonctionnent désormais dans un bâtiment loué au niveau de la cité Ndiouga Kébé, une localisation présentée par des habitants comme éloignée du centre-ville.
En août 2024, des populations s’interrogeaient déjà publiquement sur cette situation : pourquoi continuer à louer un bâtiment éloigné alors qu’un édifice destiné à abriter la Gouvernance existe au centre-ville et pourrait, après achèvement, accueillir les services de l’État ?
La question n’est donc plus seulement celle d’un chantier inachevé. Elle concerne également l’utilisation des ressources publiques, l’accessibilité des services administratifs et la préservation du patrimoine de l’État.
Monsieur le Président, les Kaolackois demandent des réponses
Monsieur le Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Monsieur le Ministre de l’Intérieur,
les populations de Kaolack vous interpellent sur ce dossier qui dure depuis des années.
Elles demandent notamment :
la publication de la date officielle de démarrage du chantier ;
l’identification de l’entreprise ou des entreprises chargées de l’exécution des travaux ;
la publication du montant initial du marché et des éventuels avenants ;
le niveau réel d’exécution du chantier ;
le montant déjà payé par l’État ;
les raisons précises de l’arrêt des travaux ;
la situation juridique et administrative du marché ;
et surtout, un calendrier clair pour l’achèvement et la mise en service de la nouvelle Gouvernance.
Il est également urgent de se pencher sur l’ancienne Gouvernance, aujourd’hui fortement dégradée, afin de décider de son avenir : réhabilitation, sécurisation, restauration ou nouvelle affectation.
Plus de dix ans après, Kaolack attend toujours
Ce dossier ne devrait plus rester dans le silence administratif.
Un chantier public ne peut pas rester pendant des années à l’abandon sans que les citoyens puissent connaître le coût, les responsabilités, les raisons du blocage et les perspectives de reprise.
Kaolack mérite des réponses précises.
Après plus d’une décennie d’attente, les populations veulent désormais voir des travaux reprendre, un chantier achevé et une infrastructure publique effectivement livrée.
L’alerte est lancée.
Mamadou Camara – Journaliste
Camou Communication – Kaolack
