Après plusieurs mois de tensions entre la direction générale de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) et des représentants du personnel, le tribunal a constaté le désistement de la partie civile. Mama Moussa Niang, Alioune Badara Kane, El Hadj Thierno Dramé, Youssouf Kaba et Habibou Mbaye repartent libres et réaffirment leur engagement dans la défense des intérêts des travailleurs de la chaîne publique.
L’affaire opposant le directeur général de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), Pape Alé Niang, à cinq responsables syndicaux de la chaîne publique connaît une évolution judiciaire importante. Le tribunal a constaté le désistement de la partie civile, entraînant le classement du dossier, selon les informations communiquées à l’issue de la procédure.
Les cinq syndicalistes concernés, Mama Moussa Niang, Alioune Badara Kane, El Hadj Thierno Dramé, Youssouf Kaba et Habibou Mbaye, repartent ainsi libres. À l’issue de cette séquence judiciaire, ils assurent vouloir poursuivre leur combat syndical pour la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs de la RTS.
Un différend sur fond de tensions sociales
Cette affaire judiciaire s’inscrit dans un contexte de tensions entre la direction générale de la RTS et une partie des représentants du personnel. Les divergences portent notamment sur des questions de gouvernance, de dialogue social, de conditions de travail et de défense des droits syndicaux.
Selon plusieurs articles de presse publiés en avril et en juin 2026, les cinq responsables syndicaux étaient poursuivis pour diffamation à la suite d’une plainte déposée par Pape Alé Niang. Les faits reprochés étaient liés à des déclarations faites par les représentants du personnel lors d’une assemblée générale, au cours de laquelle certaines décisions de la direction avaient été publiquement critiquées.
Parmi les points de désaccord évoqués par les organisations syndicales figuraient la suspension de l’accord d’entreprise, des contestations relatives à la gestion de certaines ressources et des griefs concernant le fonctionnement interne de la chaîne publique.
Les représentants syndicaux estimaient que leurs prises de position relevaient de leur mission de défense des travailleurs. Ils dénonçaient une procédure susceptible, selon eux, de fragiliser la liberté d’expression et l’exercice des activités syndicales au sein du média public.
Ces éléments correspondent aux griefs et aux positions rapportés dans la presse ; ils ne constituent pas, en eux-mêmes, des constatations judiciaires sur le fond du différend.
Une procédure judiciaire suivie par les acteurs des médias
L’affaire avait suscité des réactions au sein du secteur médiatique sénégalais. Des organisations syndicales avaient appelé à la mobilisation pour soutenir les cinq responsables concernés, présentant leur comparution comme un enjeu pour la défense des libertés syndicales et du droit des travailleurs à exprimer leurs revendications.
Le dossier a notamment fait l’objet d’articles lors des audiences annoncées devant le tribunal correctionnel de Dakar, dont une audience prévue le 25 juin 2026.
Pour les organisations mobilisées, l’enjeu dépassait les personnes poursuivies et concernait également les relations professionnelles au sein des médias publics. Elles plaidaient pour un dialogue social permettant de traiter les désaccords internes sans aggraver les tensions entre la direction et les représentants du personnel.
Le désistement de la partie civile, une nouvelle étape
Le constat du désistement de la partie civile marque une nouvelle étape dans cette affaire. Selon les informations communiquées, le tribunal a pris acte de ce désistement et le dossier a été classé.
Il convient toutefois de distinguer cette issue procédurale d’une décision rendue après examen du fond des accusations : le classement consécutif au désistement ne doit pas être présenté comme une déclaration judiciaire d’innocence ou comme une condamnation de l’une des parties.
Cette évolution met fin à la procédure concernée dans les conditions rapportées, sans régler nécessairement les divergences professionnelles et syndicales qui ont alimenté le conflit.
Les syndicalistes entendent poursuivre leur combat
À l’issue de cette séquence, Mama Moussa Niang, Alioune Badara Kane, El Hadj Thierno Dramé, Youssouf Kaba et Habibou Mbaye assurent qu’ils continueront à défendre les intérêts de leurs collègues.
Leur position remet au centre du débat les revendications relatives au dialogue social, au respect des droits syndicaux et à l’amélioration des relations professionnelles au sein de la RTS.
Pour sortir durablement de cette crise, la reprise d’un dialogue entre la direction générale et les représentants du personnel apparaît comme un enjeu majeur. Au-delà de l’épisode judiciaire, la capacité des différentes parties à renouer des échanges constructifs sera déterminante pour apaiser le climat social et préserver le bon fonctionnement du service public audiovisuel.
Une affaire judiciaire qui se referme, mais des questions sociales qui demeurent. Le désistement de la partie civile constitue une évolution importante pour les cinq syndicalistes. Reste désormais à savoir si cette issue contribuera à l’ouverture d’une nouvelle phase de concertation entre la direction de Pape Alé Niang et les organisations représentatives du personnel.
Mamadou Camara-journaliste
Camou Communication-Kaolack
