Tensions à la RTS : Alioune Badara Kane sanctionné sur fond de crise sociale avec la direction

Dakar — Le climat de tension qui prévaut à la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) vient de franchir un nouveau cap. Le journaliste et figure syndicale Alioune Badara Kane a été relevé de ses fonctions de rédacteur en chef de l’actualité internationale par le directeur général de la télévision publique, Pape Alé Niang. Une décision qui ravive les frictions entre le top management et une partie du personnel réunie au sein de l’intersyndicale.

​Une rétrogradation dénoncée comme une intimidation

​Ancien chef de département remis au statut d’agent simple, Alioune Badara Kane a vivement réagi à cette mesure. Qualifiant le patron du média public d’« apprenti-dictateur », le syndicaliste accuse la direction de vouloir réduire au silence les voix critiques au sein de la maison.

​Malgré cette sanction, l’intéressé affirme que sa détermination reste intacte. Il promet de poursuivre son engagement syndical pour dénoncer les lacunes de la gestion actuelle, défendre les conditions de travail de ses camarades et préserver les acquis sociaux de l’audiovisuel public.

​Un conflit ancré dans des revendications salariales

​Cette sanction individuelle s’inscrit dans une crise sociale plus large qui secoue la RTS depuis plusieurs semaines. Au cœur de la discorde : la remise en cause et le blocage de l’accord social d’entreprise signé sous l’ancienne direction. Ce différend sur l’application des accords salariaux et des avantages acquis a entraîné des pertes de revenus pour une partie des agents et crispé les relations avec la nouvelle gouvernance.

​Alors que l’intersyndicale dénonce une dérive autoritaire et un climat de répression, la direction met en avant la nécessité de restaurer la discipline, d’imposer le respect de la hiérarchie et d’assainir la gestion financière du média d’État.

​La menace d’un mouvement d’humeur

​Pour faire entendre leurs revendications et protester contre les sanctions infligées aux responsables syndicaux, les travailleurs regroupés au sein de l’intersyndicale ont déposé un préavis de grève. Ce bras de fer fait désormais peser la menace d’un débrayage de trois jours sur le fonctionnement des chaînes publiques, au risque de perturber la couverture des grands événements nationaux et internationaux.

​Mamadou Camara-Journaliste

Camou Communication

Kaolack

chevron_left
chevron_right

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaire
Nom
E-mail
Site