Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI) rapportées par Le360 Afrique, le paysage économique du continent africain devrait connaître une évolution significative à l’horizon 2031. Si les tendances actuelles se confirment, l’Égypte pourrait devenir la première puissance économique africaine, devant l’Afrique du Sud et le Nigeria, tandis que plusieurs économies émergentes devraient renforcer leur poids sur le continent.
L’Égypte appelée à prendre la première place
Avec un produit intérieur brut (PIB) estimé à 665 milliards de dollars en 2031, contre 365 milliards en 2025, l’Égypte devrait s’imposer au sommet du classement des économies africaines. Cette progression serait soutenue par le dynamisme de plusieurs secteurs, notamment le tourisme, les exportations, les investissements dans les infrastructures et les transferts financiers de la diaspora.
L’Afrique du Sud, actuellement première économie du continent, pourrait occuper la deuxième place avec un PIB projeté à 599 milliards de dollars en 2031. Malgré la solidité de son tissu économique, le pays reste confronté à plusieurs difficultés structurelles, dont les insuffisances énergétiques, les contraintes logistiques, le chômage et la faiblesse de la croissance.
Le Nigeria devrait, pour sa part, se rapprocher des deux premières puissances économiques africaines. Son PIB pourrait atteindre 578 milliards de dollars en 2031, contre 290 milliards en 2025. La reprise de son secteur pétrolier, les investissements industriels et le développement de la raffinerie de Dangote figurent parmi les facteurs susceptibles de soutenir cette évolution.
Le Maroc et l’Éthiopie misent sur leur potentiel de croissance
L’Algérie devrait conserver la quatrième place avec un PIB estimé à 343 milliards de dollars en 2031. Toutefois, la dépendance aux hydrocarbures demeure un défi majeur pour la diversification de son économie.
Le Maroc devrait maintenir son cinquième rang, avec un PIB projeté à 281 milliards de dollars. Son industrie automobile, les phosphates, l’aéronautique, le tourisme et les infrastructures logistiques constituent des leviers importants de sa compétitivité. Les investissements liés à la Coupe du monde 2030, organisée conjointement avec l’Espagne et le Portugal, pourraient également contribuer à soutenir son activité économique.
L’Éthiopie figure parmi les économies dont la progression attendue est la plus remarquable. Son PIB pourrait passer de 126 milliards de dollars en 2025 à 246 milliards en 2031. Cette dynamique repose notamment sur l’agriculture, les infrastructures, l’industrie manufacturière et le développement de la production énergétique. Néanmoins, les tensions sécuritaires et les fluctuations monétaires pourraient freiner cette trajectoire.
La Côte d’Ivoire et la RDC parmi les économies en progression
Le classement prévisionnel des dix premières économies africaines serait complété par le Kenya, l’Angola, la République démocratique du Congo (RDC) et la Côte d’Ivoire.
Selon les chiffres présentés, le PIB du Kenya pourrait atteindre 204 milliards de dollars en 2031, contre 136 milliards en 2025. Celui de l’Angola s’établirait à 176 milliards, tandis que la RDC pourrait atteindre 169 milliards de dollars.
La Côte d’Ivoire afficherait également une progression notable, avec un PIB projeté à 167 milliards de dollars en 2031, contre 100 milliards en 2025. Cette évolution témoignerait du potentiel de développement de l’économie ivoirienne, portée notamment par les investissements, les infrastructures et la diversification progressive de ses activités.
Une croissance africaine qui reste confrontée à plusieurs défis
À l’échelle continentale, le PIB africain pourrait passer de 3 160 milliards de dollars en 2025 à près de 4 970 milliards en 2031, selon les projections rapportées. Une évolution qui traduirait une progression importante de la richesse produite en Afrique.
Cependant, cette croissance demeure exposée à plusieurs facteurs d’incertitude : tensions géopolitiques, inflation, fluctuations des monnaies nationales, dépendance aux matières premières et instabilité politique dans certains pays.
Il convient également de préciser que le classement repose sur le PIB nominal exprimé en dollars courants. Cet indicateur est sensible aux variations des taux de change et des prix. Il ne mesure donc pas, à lui seul, le niveau de vie des populations, le pouvoir d’achat ou la répartition des richesses.
Quel avenir pour le Sénégal ?
L’absence du Sénégal dans ce Top 10 prévisionnel constitue un élément de réflexion sur les perspectives économiques du pays. Elle ne signifie toutefois pas que son économie est dépourvue de potentiel. Le développement des infrastructures, les investissements dans l’énergie, l’agriculture, l’industrie, les services et l’exploitation des ressources naturelles peuvent contribuer à renforcer sa position économique régionale.
Pour progresser durablement, le Sénégal devra notamment consolider son tissu industriel, améliorer la productivité agricole, favoriser la transformation locale des matières premières, soutenir les petites et moyennes entreprises et renforcer la création d’emplois.
Au-delà du volume du PIB, l’enjeu essentiel reste la capacité de la croissance à améliorer concrètement les conditions de vie des populations, à réduire les inégalités et à offrir des perspectives aux jeunes.
En définitive, les projections pour 2031 dessinent une Afrique aux trajectoires économiques contrastées, où la compétitivité dépendra autant des ressources disponibles que de la qualité des politiques publiques, des investissements productifs et de la stabilité institutionnelle. Pour le Sénégal comme pour les autres pays du continent, le défi sera de transformer le potentiel économique en prospérité durable et partagée.
Source de référence : Le360 Afrique, article de Moussa Diop publié le 23 octobre 2026, à partir des projections attribuées au FMI.
Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack
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