Des centaines d’étudiants de l’Université de Gambie ont manifesté, lundi 26 octobre 2026, sur le campus de Kanifing, dans la banlieue de Banjul, pour protester contre la dégradation de leurs conditions de vie et les difficultés rencontrées dans la poursuite de leurs études. Au cœur de leur mobilisation figurent les problèmes de transport, l’accès à une alimentation de qualité et le manque d’infrastructures adaptées.
Des déplacements qui compromettent les études
La question du transport constitue l’une des principales préoccupations des manifestants. Selon les étudiants, l’insuffisance et le manque de fiabilité des services de bus compliquent considérablement leurs déplacements vers le campus principal de Faraba Banta, situé à environ 56 kilomètres de la capitale gambienne.
Certains affirment devoir consacrer plus de quatre heures à leur trajet, tandis que de longues files d’attente se forment régulièrement aux arrêts de bus. Cette situation aurait déjà entraîné de nombreuses absences aux cours et à des examens importants, alors que le premier semestre universitaire a commencé depuis six semaines.
À travers leurs pancartes et leurs slogans, les étudiants ont exprimé leur exaspération face à des difficultés qu’ils jugent incompatibles avec la poursuite normale de leur formation.
Des infrastructures et des services jugés insuffisants
Au-delà des transports, les manifestants ont également dénoncé la qualité de l’alimentation disponible sur le campus. Les étudiants en sciences déplorent notamment l’absence de laboratoires adaptés, tandis que ceux inscrits en journalisme pointent le manque de locaux appropriés pour leurs activités pédagogiques.
Pour les protestataires, ces insuffisances traduisent un déficit de prise en charge de leurs besoins essentiels. Ils estiment que les autorités nationales, en particulier les responsables du ministère de l’Enseignement supérieur, doivent prendre des mesures concrètes pour améliorer leur environnement d’apprentissage.
Un représentant des étudiants a présenté une liste de revendications destinées à obtenir des solutions rapides. Il a notamment insisté sur la nécessité d’accorder une plus grande importance au bien-être des étudiants et de mettre en œuvre les engagements annoncés avant le début de la nouvelle année universitaire.
Les autorités interpellées, la tension monte
La manifestation a également été marquée par des échanges tendus avec plusieurs responsables publics. Le ministre de l’Information, le Dr Ismaila Ceesay, ancien professeur d’université, a été hué par les manifestants et contraint de quitter les lieux dans un climat particulièrement tendu. D’autres responsables présents à proximité ont également essuyé les critiques des étudiants.
Face à cette mobilisation, le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Pierre Gomez, a pris connaissance des revendications formulées par les manifestants. Il a promis d’examiner leurs doléances afin d’y apporter des réponses dans les meilleurs délais.
Cette mobilisation met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les étudiants gambiens et relance le débat sur les moyens accordés à l’enseignement supérieur. Pour les manifestants, l’amélioration des conditions de transport, de restauration et d’apprentissage constitue une priorité pour garantir la continuité des cours et offrir aux étudiants un cadre universitaire à la hauteur de leurs attentes.
Mamadou Camara-Journaliste
Camou Communication
@Camara Communication@
