La lutte contre l’émigration irrégulière se poursuit en Afrique de l’Ouest. En Guinée-Bissau, les forces de sécurité ont intercepté 168 candidats au départ clandestin en l’espace de trois jours, dont une écrasante majorité de ressortissants sénégalais.
La Garde nationale de Guinée-Bissau a annoncé l’interception de 168 candidats à l’émigration clandestine lors de deux opérations menées dans la capitale, Bissau .
La première opération s’est déroulée samedi au quai de pêche de Bandim. Les forces de sécurité ont intercepté une pirogue transportant 143 personnes, parmi lesquelles 141 Sénégalais et deux Gambiens.
Une seconde intervention a eu lieu lundi matin dans une maison située dans la périphérie nord de Bissau. Vingt-cinq personnes y ont été interpellées, dont dix Maliens, dix Sénégalais, trois Guinéens et deux ressortissants bissau-guinéens.
Selon un responsable de la Garde nationale, ces candidats devaient être acheminés vers une île de l’archipel des Bijagos, qui devait servir de point de regroupement avant leur départ vers les îles Canaries, en Espagne.
LES RÉSEAUX MIGRATOIRES CHANGENT DE STRATÉGIE
D’après un officier de la Garde nationale, le renforcement de la surveillance et la pression exercée sur les réseaux de départ clandestin au Sénégal poussent désormais les organisateurs à privilégier d’autres points d’embarquement, notamment en Gambie et en Guinée-Bissau.
Cette évolution témoigne du déplacement progressif des circuits de l’émigration irrégulière le long de la façade atlantique ouest-africaine.
Ces derniers mois, plusieurs centaines de migrants, principalement originaires du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée et du Mali, ont été secourus en mer à bord d’embarcations surchargées ou en difficulté.
Au-delà des interceptions, cette situation relance le débat sur les causes profondes de l’émigration irrégulière, les conditions socio-économiques des jeunes et les responsabilités des États face à un phénomène qui continue de coûter de nombreuses vies humaines.
MAMADOU CAMARA, JOURNALISTE
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