Le projet Cœur de Ville de Kaolack s’inscrit dans une dynamique de modernisation urbaine progressive, amorcée sous plusieurs régimes politiques au Sénégal. Son histoire est étroitement liée aux politiques d’aménagement du territoire et à la volonté de repositionner Kaolack comme un pôle économique structurant.
Genèse sous Abdoulaye Wade (2000–2012)
Sous le régime de Me Wade, l’idée de restructurer les grandes villes secondaires commence à émerger.
Kaolack, carrefour commercial stratégique entre le centre et le sud du pays, souffrait déjà de l’urbanisation désordonnée, de problèmes d’assainissement et d’une congestion du centre-ville.
C’est dans ce contexte que naissent les premières réflexions sur un projet de modernisation du cœur urbain, avec la réorganisation des marchés, l’amélioration de la voirie et la valorisation du potentiel économique local.
Cependant, à cette période, le projet reste à l’état conceptuel et prospectif, sans véritable mise en œuvre structurée.
Accélération sous Macky Sall (depuis 2012)
Avec l’arrivée de Macky Sall, les politiques publiques s’orientent vers des projets concrets d’infrastructures, notamment à travers le Plan Sénégal Émergent (PSE).
C’est dans ce cadre que le projet Cœur de Ville de Kaolack prend une dimension opérationnelle.
Rôle du défunt ministre Salif Ba
Le défunt ministre Salif Bâ, ancien ministre de l’Urbanisme et acteur clé du Programme de Reconstruction des Cités et de Promotion des Pôles Économiques (PCRPE), a été une figure centrale dans l’impulsion du projet.
Il a contribué à structurer la vision du projet, mobiliser les financements, coordonner les acteurs institutionnels et porter politiquement l’initiative au niveau national.
Sous son leadership, le projet Cœur de Ville de Kaolack a pris une dimension stratégique, s’inscrivant dans une logique de transformation urbaine durable et de développement des pôles économiques régionaux.
Objectifs du projet
Le Cœur de Ville de Kaolack vise à transformer profondément la ville avec la modernisation des infrastructures routières, la réorganisation des espaces commerciaux, l’assainissement et la lutte contre les inondations, l’amélioration du cadre de vie et le renforcement de l’attractivité économique.
Évolution du projet
Phase de conception dans les années 2000 avec des réflexions stratégiques sous Wade et l’identification des besoins urbains.
Structuration et lancement entre 2012 et 2018 avec des études techniques approfondies, la recherche de financements et le début des premiers travaux.
Mise en œuvre progressive depuis 2018 avec la réalisation d’infrastructures, le réaménagement du centre-ville et l’implication de nouvelles institutions comme la CDC.
Attentes pour booster le développement local et désengorger le commerce
Le projet suscite de fortes attentes au sein des populations et des acteurs économiques de Kaolack. Il est perçu comme un levier majeur pour dynamiser l’économie locale à travers une meilleure organisation des circuits commerciaux, notamment avec la délocalisation ou la modernisation des marchés centraux souvent saturés.
Le désengorgement du centre-ville constitue un enjeu clé, avec une circulation plus fluide des personnes et des marchandises, favorisant ainsi la compétitivité des activités commerciales.
Le projet devrait également encourager l’installation de nouvelles entreprises, la formalisation du secteur informel et la création d’emplois, en particulier pour les jeunes.
Quels avantages
Les avantages attendus du Cœur de Ville de Kaolack sont multiples. On note une amélioration significative du cadre de vie des populations grâce à des infrastructures modernes et un environnement urbain plus sain.
Sur le plan économique, le projet renforce l’attractivité de la ville pour les investisseurs et consolide son rôle de hub commercial régional.
Il permet aussi une meilleure gestion urbaine avec des espaces mieux structurés, réduisant les risques d’inondation et facilitant les services publics.
Enfin, il contribue à valoriser l’image de Kaolack à l’échelle nationale et sous-régionale.
Attentes avec le régime de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko dans le cadre du référentiel 2050
Avec l’arrivée du nouveau régime porté par Pastef, les attentes autour du projet sont encore plus élevées. Les populations espèrent une gouvernance plus transparente, une accélération des travaux et une meilleure gestion des ressources publiques.
Le tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko est particulièrement attendu sur la rupture dans la gestion des grands projets, avec plus de reddition des comptes et une implication accrue des collectivités territoriales.
Dans le cadre du référentiel Sénégal 2050, le projet Cœur de Ville de Kaolack pourrait s’inscrire comme un modèle de développement urbain durable, intégrant les enjeux de digitalisation, de planification intelligente et de participation citoyenne.
Les attentes portent également sur un meilleur équilibre territorial, avec un renforcement des infrastructures dans les zones périphériques pour éviter une concentration excessive des activités au centre-ville.
Le régime actuel est ainsi attendu sur sa capacité à faire du projet un véritable moteur de transformation économique et sociale, en cohérence avec une vision de développement souverain, inclusif et durable.
Enjeux et controverses récentes
Le projet a aussi suscité des débats liés à des soupçons de mauvaise gestion ou de surfacturation, des retards dans l’exécution des travaux et des interpellations d’acteurs publics.
Ces questions ont récemment été relancées par certaines autorités appelant à des audits approfondis pour plus de transparence.
Bilan
Le projet Cœur de Ville de Kaolack illustre une continuité des politiques publiques entre plusieurs régimes, allant de Abdoulaye Wade à Macky Sall puis au tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, avec le passage d’une vision à une mise en œuvre concrète, mais aussi des défis persistants de gouvernance des grands projets urbains.
Mamadou Camara, journaliste- Communicant
Kaolack
