ABSENTÉISME DES DÉPUTÉS : DES SANCTIONS APPROUVÉES PAR DES CITOYENS, MAIS À ETENDRE AUX ÉLUS LOCAUX

La modification de l’article 118 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale marque une avancée significative dans la lutte contre l’absentéisme parlementaire. Désormais, des sanctions sont prévues contre les députés absents sans excuse légitime : retenue de 50 % de l’indemnité après six absences, suspension totale après huit absences, et démission d’office après dix absences aux séances plénières.

Ces mesures, largement saluées, visent à renforcer la responsabilité des élus envers les citoyens qui leur ont accordé leur suffrage. Elles traduisent une exigence de rigueur dans l’exercice du mandat parlementaire.

Cependant, cette dynamique ne devrait pas se limiter à l’Assemblée nationale. Dans les collectivités territoriales, notamment au niveau des municipalités et des conseils départementaux, des pratiques similaires sont régulièrement dénoncées. Des élus locaux, pourtant investis par le vote populaire, se distinguent par des absences répétées, ne participant ni aux délibérations ni aux travaux de commissions.

Dans certains cas, le cumul de fonctions — conseiller municipal et conseiller départemental — s’accompagne de la perception de multiples indemnités, sans réelle présence ni implication dans les missions confiées. Des bureaux restent fermés, des sessions se tiennent en l’absence de plusieurs élus, pendant que les préoccupations des citoyens restent sans suivi.

Ce contraste alimente un sentiment d’injustice et de défiance. Car si les sanctions contre l’absentéisme des députés sont jugées nécessaires, leur extension aux élus locaux apparaît aujourd’hui comme une exigence d’équité et de cohérence dans la gouvernance publique.

Être élu au suffrage universel implique des devoirs. L’absence volontaire, le boycott des sessions ou le désengagement dans les prises de décision constituent des manquements graves à la mission de représentation.

L’heure est donc à l’harmonisation des règles et à l’application stricte de mesures disciplinaires à tous les niveaux de responsabilité élective. La crédibilité des institutions et la confiance des citoyens en dépendent.

Mamadou Camara

Journaliste – Kaolack

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