La sortie médiatique de Thérèse Faye Diouf n’est pas anodine. En demandant publiquement au président Macky Sall de clarifier ses ambitions entre une candidature au poste de secrétaire général de l’ONU et la présidentielle sénégalaise de 2029, l’ancienne administratrice du FONGIP met en lumière les doutes qui traversent actuellement l’Alliance pour la République (APR).
Depuis la perte du pouvoir en 2024, plusieurs responsables de l’ancien parti présidentiel observent une période d’incertitude politique. Beaucoup de militants et cadres s’interrogent sur la ligne à suivre, sur le leadership du parti et surtout sur l’identité de celui ou celle qui pourrait porter les couleurs de l’APR lors de la prochaine présidentielle.
À travers cette interpellation, Thérèse Faye Diouf semble vouloir pousser Macky Sall à sortir du silence stratégique qu’il entretient depuis son départ du pouvoir. Car pendant que certains responsables restent fidèles à l’ancien chef de l’État, d’autres multiplient déjà les repositionnements politiques, dans un contexte marqué par des rapprochements discrets, des calculs personnels et des risques de transhumance.
Cette prise de parole intervient également à un moment où l’APR paraît traversée par une crise de visibilité et de leadership. L’absence d’un successeur officiellement désigné nourrit les spéculations et ouvre la voie à des ambitions internes. En politique, le vide ne dure jamais longtemps.
L’intervention de Thérèse Faye Diouf peut ainsi être interprétée comme un appel à l’organisation et à l’anticipation. Derrière le discours sur l’avenir du parti, se cache aussi la peur d’un affaiblissement progressif de l’APR face aux nouvelles réalités politiques imposées par le pouvoir actuel.
Reste maintenant à savoir si Macky Sall choisira de préparer sa succession politique ou de conserver le contrôle stratégique de son parti en attendant 2029.
Mamadou Camara
Journaliste – Camou Communication
Kaolack
