La décision de Assemblée nationale du Sénégal visant à sanctionner les députés auteurs d’absences injustifiées est largement saluée par de nombreux citoyens sénégalais. Pour plusieurs observateurs, cette mesure marque une volonté de restaurer la discipline, le sérieux et la responsabilité au sein des institutions de la République.
Mais dans l’opinion publique, une question revient avec insistance : pourquoi limiter ces sanctions uniquement aux parlementaires ?
Dans plusieurs communes et conseils départementaux du Sénégal, l’absentéisme de certains élus locaux est devenu un véritable sujet de préoccupation. Des conseillers municipaux et départementaux, élus pourtant au suffrage universel au même titre que les députés ou le président de la République, brillent régulièrement par leur absence lors des sessions, réunions budgétaires ou rencontres stratégiques pour le développement des collectivités territoriales.
Le phénomène est dénoncé dans plusieurs localités où certains élus auraient quasiment disparu depuis leur installation officielle par les autorités administratives. Malgré cette absence prolongée sur le terrain, beaucoup continuent de percevoir des indemnités financées par les contribuables sénégalais.
Pour de nombreux citoyens, cette situation pose un problème d’éthique, de responsabilité et de respect du vote populaire. Être élu ne devrait pas être un simple titre honorifique ou une source de revenus complémentaires, mais un engagement permanent au service des populations.
La question du cumul des mandats locaux alimente également les critiques. Certains responsables politiques siègent simultanément dans des conseils municipaux et départementaux, bénéficiant parfois d’une double indemnité, alors que leur présence effective dans les institutions concernées reste très limitée. Cette pratique nourrit un sentiment d’injustice chez les citoyens qui réclament davantage de transparence et d’efficacité dans la gestion publique.
Face à cette situation, plusieurs solutions méritent d’être envisagées afin de moraliser davantage la vie publique locale.
D’abord, l’instauration d’un système de contrôle obligatoire des présences dans toutes les collectivités territoriales permettrait d’assurer une meilleure traçabilité de la participation des élus aux sessions officielles.
Ensuite, des sanctions financières automatiques pourraient être appliquées contre tout élu accumulant des absences injustifiées répétées. La suspension des indemnités constituerait un moyen de responsabilisation efficace.
En cas de récidive prolongée, la radiation définitive des élus concernés pourrait être envisagée afin de préserver la crédibilité des institutions locales et permettre leur remplacement par des responsables plus engagés.
La limitation du cumul de certains mandats électifs apparaît également comme une nécessité. Un élu incapable d’assurer correctement ses responsabilités dans plusieurs institutions ne devrait pas continuer à cumuler fonctions et avantages financiers.
Enfin, la publication régulière des taux de présence des élus locaux renforcerait la transparence et permettrait aux citoyens d’évaluer objectivement l’implication de leurs représentants.
La lutte contre l’absentéisme politique ne doit pas s’arrêter aux portes de l’Assemblée nationale. Elle doit concerner toutes les institutions financées par l’argent public. Car une démocratie forte repose aussi sur des élus présents, responsables et réellement engagés auprès des populations.Oui. Au Sénégal, les élus locaux — notamment les maires, adjoints au maire, présidents de conseil départemental et certains conseillers — peuvent percevoir des indemnités liées à l’exercice de leurs fonctions.
Ces indemnités ne sont pas considérées comme des salaires au sens classique, mais comme des compensations pour les charges et responsabilités liées à leur mandat.
Les principales formes d’indemnités
Indemnité de fonction : accordée aux maires, adjoints et présidents de conseil départemental.
Frais de session : versés aux conseillers municipaux ou départementaux lors des réunions et sessions.
Prise en charge de missions : transport, carburant, hébergement ou restauration lors d’activités officielles.
Dans certaines collectivités importantes, il peut aussi exister des avantages logistiques : véhicule de service, carburant ou téléphone.
Ce que dit souvent le débat public
Beaucoup de citoyens estiment que certains élus locaux :
perçoivent des indemnités,
mais participent peu aux sessions,
ou sont absents des activités des collectivités territoriales.
C’est pourquoi le débat sur l’absentéisme ne concerne pas uniquement l’Assemblée nationale, mais aussi les conseils municipaux et départementaux. Plusieurs observateurs demandent :
un contrôle plus strict de la présence des élus locaux,
la publication des listes de présence,
et parfois des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension d’indemnités en cas d’absences répétées et non justifiées.
Au Sénégal, les collectivités territoriales sont encadrées par le Code général des collectivités territoriales et le contrôle de légalité exercé par l’État. Code général des collectivités territoriales du Sénégal
Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication – Kaolack
