Les grands hommes qui ont construit cette nation ne sont pas forcément ceux qui ont fréquenté l’école sénégalaise héritée de la colonisation. Des hommes de Dieu comme Cheikh Ahmadou Bamba, El Hadji Malick Sy, Mame Limamoulaye, Mame Baye Niass, Mame Boucounta, Mame Abdou Aziz Sy Dabakh, Sérigne Thiénéba ou encore Cheikh Abdou Khadre Dieylani avaient déjà compris l’importance de l’éducation, des valeurs humaines et de la souveraineté.
Ils ont légué aux générations futures des principes solides : la solidarité, l’entraide, le respect du prochain, la discrétion, la dignité, ainsi que l’attachement aux dogmes et préceptes de l’islam. Leurs enseignements continuent encore aujourd’hui à travers leurs familles spirituelles et leurs disciples.
Ces hommes n’avaient pas fréquenté l’école française, mais ils ont pourtant bâti des communautés organisées, encouragé le travail, l’agriculture, l’éducation religieuse et le vivre-ensemble. Ils avaient déjà posé les jalons d’une forme de souveraineté morale, sociale et économique.
À l’époque coloniale, l’enseignement servait surtout à former des administrés au profit du colonisateur. On apprenait à lire et à écrire, mais rarement à développer des compétences scientifiques et techniques capables d’accompagner véritablement le développement de l’Afrique.
Aujourd’hui, beaucoup se réclament intellectuels parce qu’ils sont sortis des écoles modernes. Mais la vraie question demeure : qu’apportent-ils réellement à la nation ? Un intellectuel ne doit pas seulement accumuler des diplômes ; il doit savoir analyser avec objectivité, lire entre les lignes, défendre la vérité et contribuer à l’élévation morale de la société.
Malheureusement, notre époque est marquée par la calomnie, la jalousie, la méchanceté, la tentation de nuire à son prochain, notamment à travers certains médias ou discours politiques. Pourtant, chacun devrait s’inspirer des valeurs léguées par nos anciens guides religieux pour corriger ses comportements et participer à l’apaisement de la société.
On ne peut lutter contre la volonté divine. Les hommes peuvent tenter de manipuler, de nuire ou de salir l’image des autres, mais Dieu détient le monopole de la vérité. Il est patient, juste et omniscient.
Nous sommes tous appelés à mourir un jour. Alors une question mérite d’être posée : la vie éphémère de ce bas monde mérite-t-elle que l’on perde ses valeurs, sa dignité ou son salut ?
Éditorial
Mamadou Camara, journaliste
Kaolack
