Au temps de Villa Taye , il improvisait déjà des retransmissions de matchs entre amis, avec un magnétophone et un micro installés sur une chaise. Une passion née très tôt et vécue avec toute une génération de camarades : Iba Sène, Mamour Badji, Ablaye Ngom dit « Ngom Étage », Thiapane, Zaké Mbaye, Moussa Gueye, Mbaye Soumaré « Blinki », Sada Diallo, Amadou Camara, Sidibé, Sidya Thioub, Mass Faye, Pape Fall Bek, Maceo « borom flip bi » en rasta.
Sans oublier le regretté Sega Sakho, dont le souvenir reste gravé dans les mémoires. Adj Khady Fall et son frère Cheikh Fall comptaient également parmi les proches de Makhmout Maryam Niang, eux qui pourraient écrire un livre entier sur la bonté de cet homme au chapelet toujours à la main, constamment souriant, que l’on n’a jamais vu se disputer dans les rues de Kaolack.
Cette période coïncidait avec les grands rendez-vous du terrain de Monaco, avec Aly Sarr, Gothezila, Vieux Thiam, Aziz le gardien de buts et tant d’autres passionnés. Presque tous les week-ends, c’étaient des retrouvailles fraternelles entre jeunes de Léona, Dialègne et Ndangane, autour du terrain de l’école Dialègne. Déjà, il séduisait les amateurs de football avec ses reportages lyriques et sa manière unique de raconter les matchs.
Nous nous rappelons encore de ces moments historiques, simples mais profondément humains.
Par la suite, Makhmout Maryam Niang s’est imposé comme un brillant reporter sportif et agent de la RTS à Kaolack puis à Diourbel. Au-delà du sport, il animait chaque samedi l’émission musicale « Mosaïco Tropical », consacrée notamment à la musique patianga. Le jour de l’émission, les mélomanes avaient leurs postes radios collés à l’oreille, attendant avec impatience sa voix chaleureuse et familière.
« Quand Makhmout prenait le micro, toute la maison se taisait. Sa voix nous faisait voyager et oublier les difficultés du quotidien. »
« Il ne faisait pas seulement de la radio… il créait de l’émotion, du lien et du bonheur dans les familles. »
« Nous étions jeunes, sans grands moyens, mais avec lui, nous avions l’impression de vivre les plus grands matchs du monde. »
« Makhmout Maryam Niang incarnait la simplicité, l’élégance et le respect. Même dans le succès, il est resté humble et proche de tout le monde. »
« Beaucoup de journalistes et d’animateurs d’aujourd’hui ont grandi en l’écoutant, sans même le savoir. »
« Son sourire rassurant, sa disponibilité et sa gentillesse resteront à jamais dans nos cœurs. »
Ce furent des moments inoubliables auprès d’un grand frère calme, toujours souriant, disponible, maîtrisant parfaitement la langue française, excellent animateur musical, grand reporter et présentateur d’éditions.
Polyvalent et passionné, il pouvait remplacer n’importe quel agent absent au studio avec professionnalisme et aisance.
Aujourd’hui encore, son nom réveille une époque faite d’amitié sincère, de passion pour la radio et de souvenirs impérissables.
« Les hommes passent, mais certaines voix ne s’éteignent jamais. Celle de Makhmout Maryam Niang continue encore de résonner dans nos mémoires. »
Aujourd’ hui ,Makhmouth se déplace rarement à cause de son âge, mais ce talibé de Cheikh Al l’ islam mérite plus que des témoignages pour avoir rendu de loyaux services à la communauté.
Mamadou Camara, journaliste à Kaolack.
