Kaolack : colère noire dans la commune de Ndiedieng , les populations des 58 villages réclament le bitumage de la route Ndiedieng- Lamarame

Brassards rouges, marche pacifique et interpellation de l’État : les habitants dénoncent des décennies de promesses non tenues et réclament une solution urgente avant l’hivernage

Ndiedieng (Kaolack) – Quelques jours après la Tabaski, la commune de Ndiedieng a connu une forte mobilisation populaire. Arborant des brassards rouges en signe de protestation, jeunes, femmes, adultes et personnes âgées sont descendus massivement dans les rues pour réclamer le bitumage de la route reliant Ndiedieng à Lamarame, un tronçon long de seulement 9 kilomètres mais considéré comme un véritable cauchemar par les populations.

Dans une atmosphère marquée par la détermination et la colère, les manifestants ont lancé un appel pressant à l’État afin que soit enfin réglé le problème du désenclavement de cette commune qui regroupe 58 villages.

Pour les habitants, cette route représente bien plus qu’une simple infrastructure. Son mauvais état affecte profondément la vie économique, sanitaire et sociale de toute la localité.

Amadou Diallo, citoyen de Ndiedieng, s’est félicité du caractère pacifique de la manifestation tout en rappelant que les populations attendent depuis plusieurs décennies la réalisation de ce projet.

« Nous saluons cette mobilisation citoyenne. Déjà en 1996, lors de son discours à la Nation, l’ancien président Abdou Diouf avait évoqué un programme d’aménagement des axes routiers, dont celui de Ndiedieng-Lamarame. Trente ans plus tard, nous attendons toujours », a-t-il déclaré.

Selon lui, la situation est d’autant plus préoccupante que, le 18 mai 2026, lors de son passage à l’Assemblée nationale, le ministre des Infrastructures, Dethie Fall, a cité plusieurs localités considérées comme prioritaires en matière de désenclavement, sans toutefois mentionner le département de Kaolack.

« Nous rappelons au président Bassirou Diomaye Faye, au Premier ministre et au ministre de tutelle que la commune de Ndiedieng demeure l’une des plus enclavées du département de Kaolack. Pourtant, elle ne se trouve qu’à neuf kilomètres de l’axe goudronné Keur Socé–Keur Madiabel. Le gouvernement doit agir rapidement. Ce n’est pas seulement une question de route, c’est aussi une question de santé publique et de sécurité des populations », a-t-il insisté.

Même son de cloche chez Abdoulaye Dione, autre habitant de la commune, qui estime que la patience des populations a atteint ses limites.

« Les 58 villages de la commune de Ndiedieng crient leur ras-le-bol. Trop, c’est trop. Nous sommes des citoyens sénégalais comme les autres et nous avons droit aux mêmes infrastructures. Depuis des années, nous assistons aux mêmes promesses sans résultats concrets », a-t-il déploré.

Pour lui, l’état de la route a des conséquences dramatiques sur plusieurs secteurs essentiels.

« Cette piste impraticable pénalise lourdement l’économie locale, l’accès aux soins et l’éducation. À l’approche de l’hivernage, nous craignons une nouvelle fois d’être coupés du reste du département de Kaolack, de Nioro du Rip et de la Transgambienne. Lorsque les pluies tombent, les déplacements deviennent extrêmement difficiles », explique-t-il.

Les populations soulignent également les risques encourus par les femmes enceintes.

« Pendant l’hivernage, certaines femmes en travail sont transportées dans des conditions très précaires, parfois à bord de charrettes ou de véhicules adaptés à la hâte. Chaque année, nous vivons avec cette angoisse. Une route bitumée sauverait des vies », affirme-t-il.

Depuis plusieurs décennies, les habitants de Ndiedieng organisent régulièrement des manifestations pacifiques pour réclamer le bitumage de l’axe Ndiedieng-Lamarame. Malgré les promesses successives des différents régimes, le projet tarde toujours à se concrétiser.

Les manifestants estiment que la commune, dont les ressources reposent essentiellement sur de faibles recettes fiscales locales, ne dispose pas des moyens nécessaires pour financer seule une telle infrastructure. Ils attendent donc une intervention de l’État afin de mettre fin à un enclavement qu’ils jugent injuste et pénalisant.

À travers cette nouvelle mobilisation, les populations de Ndiedieng espèrent que leur cri du cœur sera enfin entendu par les plus hautes autorités du pays et que le bitumage de ces 9 kilomètres deviendra une réalité avant que l’hivernage ne vienne une nouvelle fois isoler toute une commune.

Mamadou Camara

Journaliste – Camou Communication Kaolack

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comment 1 commentaire
  • Anonyme

    Good job bon boulot doyen fiert de vous

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