Le retour à l’Assemblée nationale de Ousmane Sonko, d’Amadou Ba et de Momath Talla Ndao constitue un véritable cas d’école pour les formations politiques. Au-delà de l’aspect institutionnel, cet épisode met en lumière des valeurs devenues rares dans la vie politique : la fidélité, la discipline, l’humilité et le sens du collectif.
En acceptant volontairement de céder leurs sièges aux titulaires revenus exercer leur mandat parlementaire, les députés suppléants ont posé un acte de loyauté exceptionnel. Dans un contexte où les intérêts personnels prennent souvent le dessus sur les engagements politiques, leur attitude mérite d’être saluée et érigée en exemple.
Cette situation démontre qu’un parti politique ne peut grandir durablement sans une forte cohésion interne, sans esprit de dépassement et sans confiance mutuelle entre ses responsables et ses militants. Les suppléants ont montré qu’ils plaçaient l’intérêt du parti et le respect des règles au-dessus de leurs avantages personnels.
Il faut également souligner le geste des députés revenus à l’hémicycle, qui ont choisi de laisser leurs indemnités et certains avantages à leurs suppléants. Une marque de reconnaissance qui honore ses auteurs et renforce davantage l’image de solidarité au sein de Pastef.
Mais cette reconnaissance pourrait aller encore plus loin. Les suppléants qui ont accepté de quitter leurs fonctions l’ont fait dans des circonstances imprévisibles et inattendues. Si Pastef entend véritablement transcender les intérêts individuels, il serait souhaitable que les véhicules de fonction soient restitués aux concernés lorsque cela est possible. Mieux encore, une levée de fonds ou une cotisation volontaire des militants et responsables pourrait être organisée afin d’offrir des véhicules particuliers à ces députés suppléants.
Une telle initiative constituerait un signal fort. Elle montrerait qu’au sein de Pastef, les sacrifices consentis pour le collectif ne sont ni oubliés ni banalisés. Elle renforcerait également la notoriété du parti et contribuerait à ancrer davantage dans les esprits des Sénégalais des valeurs telles que la solidarité, la fidélité, l’honnêteté et l’intégrité morale.
Les pastefiens ont aujourd’hui l’occasion de rendre la monnaie de leur pièce à ceux qui, avec élégance et sans contestation, ont accepté de céder leurs fauteuils aux titulaires. Ce serait non seulement un acte de gratitude, mais aussi une belle leçon de politique au service des valeurs.
Mamadou Camara
Journaliste – Camou Communication
