Assemblée nationale : une révolution institutionnelle en marche sous la XVe législature

L’Assemblée nationale du Sénégal revendique aujourd’hui une transformation profonde de son fonctionnement et de son rôle dans l’architecture institutionnelle du pays. Selon le député Dr Ismaïla Diallo, la XVe législature marque une rupture avec les pratiques du passé et consacre l’affirmation d’un Parlement pleinement investi de ses missions constitutionnelles de législation, de contrôle de l’action gouvernementale et d’évaluation des politiques publiques.

Longtemps perçue comme une institution se limitant à entériner les initiatives de l’Exécutif, l’Assemblée nationale s’est engagée depuis le début de la législature dans un vaste processus de modernisation destiné à renforcer son autonomie, sa transparence et son efficacité.

Parmi les principales réformes engagées figurent la création d’une cellule de passation des marchés, la mise en place d’une Commission des marchés et d’une Commission de réception sous la supervision des Questeurs, ainsi que l’installation d’une cellule de contrôle interne des procédures administratives et financières. La réactivation de la Commission de contrôle et de comptabilité, restée inactive pendant plus de trois décennies, constitue également l’un des symboles de cette nouvelle dynamique.

L’institution s’est par ailleurs dotée d’un Plan stratégique de développement couvrant la période 2026-2030, a procédé à deux révisions de son Règlement intérieur et a relancé les missions d’information parlementaire après près de vingt ans d’interruption. La réforme du Règlement administratif, la refonte du statut du personnel parlementaire, la digitalisation des services et la création d’une chaîne parlementaire témoignent également de cette volonté de modernisation.

Dans le domaine du contrôle parlementaire, l’Assemblée a mis en place un Comité d’évaluation des politiques publiques ainsi qu’une Direction dédiée à cette mission. Les auditions régulières des ministres sectoriels et l’élaboration d’un manuel de procédures administratives participent également au renforcement de la gouvernance interne.

Sur le plan législatif, la XVe législature affiche une activité soutenue avec l’adoption de plus de 35 projets de loi et de cinq propositions de loi. Plusieurs textes majeurs ont été examinés ou adoptés, notamment ceux relatifs à l’accès à l’information, à la déclaration de patrimoine, à l’OFNAC et à diverses réformes institutionnelles. Le Parlement a également exercé son droit d’initiative à travers plusieurs propositions de loi, dont celle portant modification des articles L29 et L30 du Code électoral.

Au-delà des frontières nationales, l’Assemblée nationale a renforcé son rayonnement grâce à une diplomatie parlementaire active. Dakar est devenue un centre de rencontres parlementaires africaines de premier plan. Cette influence s’est notamment traduite par l’accession du Sénégal à la présidence de la Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) ainsi qu’à la première vice-présidence de cette organisation.

Les réformes engagées suscitent également l’intérêt de plusieurs parlements africains. Des délégations venues du Cameroun, de la Gambie, du Gabon, de la Côte d’Ivoire et de la République démocratique du Congo ont effectué des missions d’étude à Dakar afin de s’inspirer des innovations administratives et institutionnelles mises en œuvre par l’Assemblée nationale sénégalaise.

Selon Dr Ismaïla Diallo, ces avancées ont été initiées sous la présidence de Malick Ndiaye avec l’ambition de bâtir un Parlement moderne, performant et pleinement conscient de ses prérogatives. Cette dynamique se poursuit aujourd’hui sous la conduite du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, dans le but de consolider le rôle du Parlement comme pilier fondamental de l’État de droit et de l’équilibre des pouvoirs.

Le député estime enfin que la proposition de loi portant révision de la Constitution s’inscrit dans cette logique de renforcement du pouvoir législatif. Elle traduit, selon lui, la volonté des députés d’exercer pleinement leur droit d’initiative dans le strict respect des principes constitutionnels et des règles démocratiques qui fondent la République.

Par Mamadou Camara | Camou Communication

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