Dans toutes les démocraties, les citoyens sont égaux en droits et en dignité. Comme le rappelle la célèbre formule : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. » Le principe d’égalité devant la loi constitue l’un des fondements de l’État de droit.
Au Sénégal, tout citoyen âgé de 18 ans, jouissant de ses droits civiques et politiques, ne dispose véritablement que d’un seul moment pour exercer directement sa souveraineté : le jour du vote. Pourtant, de nombreux citoyens se voient privés de ce droit parce que leur carte nationale d’identité porte la mention « Non inscrit sur les listes électorales ». Ils sont ainsi empêchés de voter, malgré leur majorité et la possession d’une pièce d’identité officielle.
Cette situation soulève une interrogation légitime. Peut-on considérer qu’un citoyen est pleinement reconnu par l’État lorsqu’il s’agit de passer un examen, un concours, d’effectuer des opérations bancaires ou d’accomplir des démarches administratives, mais qu’il ne peut pas participer au choix de ses dirigeants en raison de son absence des listes électorales ?
Certes, l’inscription sur les listes électorales répond à des exigences d’organisation et de fiabilité du scrutin. Toutefois, le système actuel mérite d’être repensé afin d’éviter que des citoyens remplissant les conditions légales soient exclus de l’exercice de leur droit de vote pour des raisons essentiellement administratives.
Lors de certains processus électoraux, des commissions de révision ont permis à des citoyens de régulariser leur situation. Cependant, beaucoup d’autres sont restés en marge et n’ont pas pu accomplir cette formalité à temps. Cette réalité nourrit un sentiment d’exclusion et pose la question de l’amélioration du dispositif électoral.
Pour renforcer la démocratie sénégalaise, les autorités compétentes, la société civile, les partis politiques ainsi que les experts en droit électoral gagneraient à ouvrir un débat serein sur cette question. Faut-il maintenir le système actuel ou évoluer vers une inscription plus automatique, liée à la délivrance de la carte nationale d’identité ou à l’atteinte de la majorité ?
La démocratie progresse lorsqu’elle élargit la participation des citoyens et facilite l’exercice de leurs droits fondamentaux. Le droit de vote est un droit précieux. Il mérite d’être protégé, mais aussi rendu plus accessible à tous ceux qui remplissent les conditions pour l’exercer.
Mamadou Camara
Journaliste – Communicant
Kaolack
