Les masques tombent, les boussoles tournent…et.les fidélités changent de quai Ndeye Fatou Mbodji se démarque de PASTEF

En politique, il existe deux saisons : celle des convictions… et celle des repositionnements. La seconde semble avoir ouvert ses portes avec un enthousiasme débordant.

Après les signaux envoyés par plusieurs figures de l’entourage du pouvoir, voilà que Ndeye Fatou Mbodji Diatara, l’administrateur general de FONGIP est venue alimenter le feuilleton lors de son passage dans Moment de Vérité.

 

Et, à l’entendre, certains observateurs y ont vu moins une interview qu’une déclaration d’intention soigneusement emballée.

Le discours est subtil, mais la musique paraît familière : quelques flèches en direction des députés et d’Ousmane Sonko, des mots infiniment plus doux pour Bassirou Diomaye Faye. À croire que la critique est devenue sélective, comme un projecteur qui n’éclaire qu’une moitié de la scène.

Selon cette lecture politique, Sonko serait le téméraire, pendant que Diomaye serait, lui, « dou togne », l’homme qu’il faudrait préserver de toute turbulence. Curieuse distribution des rôles : l’un endosse le costume du paratonnerre, l’autre celui de la porcelaine politique.

 

Les masques tombent, les lignes bougent et les fidélités changent parfois plus vite que les discours. Ce qui ressemblait hier à une discipline de parti prend désormais les allures d’une course au meilleur embarcadère.

En politique, chacun est libre de choisir son camp. Encore faut-il avoir l’élégance d’assumer ses choix sans réécrire le scénario de la veille. Car les archives ont une mémoire que les conférences de presse n’effacent jamais.

 

À ce rythme, chaque responsable issu de PASTEF nommé à un poste stratégique pourrait être appelé, tôt ou tard, à passer devant ce « détecteur de fidélité » politique. Le principe, ironisent certains : déclarer son camp pour conserver son fauteuil ; hésiter, et risquer de le voir vaciller. Les plus récalcitrants pourraient alors être confrontés à un choix inconfortable : partir d’eux-mêmes ou être poussés vers la sortie.

 

Les dés semblent désormais jetés. L’heure n’est plus aux sous-entendus mais aux déclarations publiques. En politique, les silences deviennent suspects, les amitiés deviennent des professions de foi et les micros se transforment en cabines de confession.

Au fond, cette sortie de l’administrateur général du FONGIP n’a surpris que ceux qui refusaient encore de lire entre les lignes. Les doutes existaient depuis longtemps ; ils ont simplement trouvé, aux yeux de certains observateurs, un porte-voix.

 

Le théâtre politique sénégalais continue donc sa représentation. Les acteurs changent parfois de costume en plein acte ; le public, lui, n’oublie généralement pas qui jouait quel rôle au lever du rideau.

Malick BA

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