Rentrée scolaire 2026-2027 : entre écoles vulnérables , coupures et d’électricité et menaces de grève , les urgences restent nombreuses La COSYDEP : acteur de veille citoyenne et de dialogue

À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, l’enjeu ne se limite plus à l’ouverture officielle des classes. Au Sénégal, la véritable question est désormais celle des conditions dans lesquelles les élèves et les enseignants vont retrouver leurs établissements. Infrastructures exposées aux effets de l’hivernage, accès à l’eau et à l’électricité, déficit de mobilier, personnel, dialogue social et continuité des apprentissages constituent autant de dossiers qui appellent des réponses rapides.

Le calendrier officiel fixe la rentrée des élèves au jeudi 8 octobre 2026. Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé la publication du calendrier scolaire et rappelle la nécessité de préparer l’accueil des élèves dans les établissements publics et privés.

Mais sur le terrain, plusieurs difficultés héritées des années précédentes demeurent.

Des écoles encore exposées aux effets de l’hivernage

La question des établissements scolaires affectés ou menacés par les eaux reste une préoccupation majeure dans plusieurs localités. À l’approche de la rentrée, l’état des bâtiments, des cours, des sanitaires, des accès et des salles de classe doit être vérifié établissement par établissement.

Le Conseil interministériel consacré à la préparation de la rentrée doit notamment examiner l’état des infrastructures scolaires, les besoins en personnel et en équipements, l’accès à l’eau et à l’électricité ainsi que la situation des établissements exposés aux effets de l’hivernage.

Cette démarche devra surtout déboucher sur des interventions concrètes. Une école ne peut fonctionner normalement si ses salles de classe sont difficiles d’accès, si ses sanitaires sont inutilisables ou si les élèves et enseignants sont exposés à des conditions incompatibles avec un environnement d’apprentissage sécurisé.

Eau et électricité : des services indispensables au fonctionnement de l’école

L’accès à l’eau et à l’électricité ne devrait plus être considéré comme une question secondaire dans la préparation d’une rentrée.

À Kaolack, des difficultés liées aux factures d’eau des établissements scolaires sont signalées, avec des écoles confrontées à des problèmes d’alimentation en eau en raison d’arriérés. Des discussions sont engagées entre la municipalité et les différentes parties prenantes afin de rechercher une solution.

Cette situation intervient alors que la ville connaît également des perturbations de l’électricité. Ces difficultés peuvent directement affecter les conditions de fonctionnement des écoles : éclairage, ventilation, informatique, fonctionnement des pompes et conditions sanitaires.

Le problème dépasse donc la seule question d’une facture. Il concerne directement la continuité du service public d’éducation.

À Kaolack, la priorité doit être d’éviter que les élèves ne commencent l’année dans des établissements privés d’un service aussi essentiel que l’eau.

Une responsabilité partagée, mais des responsabilités clairement identifiables

La réussite de la rentrée ne relève pas d’un seul acteur.

L’État, à travers le ministère de l’Éducation nationale et les autres départements concernés, doit garantir les conditions générales du fonctionnement du système éducatif : infrastructures, recrutement et affectation des enseignants, équipements, accompagnement des collectivités et coordination des services publics.

Les autorités académiques et départementales, notamment les Inspections d’Académie et les IEF, ont un rôle essentiel dans l’identification des établissements en difficulté, la remontée des besoins et le suivi des mesures correctives.

Les collectivités territoriales doivent, pour leur part, prendre pleinement en charge les responsabilités qui leur sont dévolues, notamment en matière d’entretien, d’environnement scolaire et de coordination locale.

Les parents d’élèves et les communautés ont également leur rôle à jouer. Ils doivent participer au suivi des établissements, alerter sur les difficultés constatées et accompagner les équipes éducatives, sans pour autant se substituer aux responsabilités institutionnelles.

La menace syndicale, un autre risque pour la continuité des apprentissages

À ces difficultés matérielles s’ajoute le climat social.

Le Front syndical pour la défense des travailleurs a annoncé une grève générale du 21 au 23 octobre 2026. Parmi les préoccupations avancées figurent notamment les conditions de travail, l’emploi, les retraites, la protection sociale et le respect des engagements pris par le gouvernement.

Le secteur de l’enseignement est concerné par cette mobilisation interprofessionnelle.

Le calendrier mérite donc une attention particulière. Alors que l’objectif est de garantir un démarrage effectif et régulier des enseignements dès l’ouverture des classes, le gouvernement et les organisations syndicales devront maintenir le dialogue afin d’éviter que les tensions sociales ne viennent perturber davantage le temps d’apprentissage.

La COSYDEP avait déjà souligné, au bilan de l’année scolaire précédente, l’importance du dialogue social et la nécessité de préserver l’école des perturbations.

Tirer les leçons des années précédentes

L’un des principaux défis de cette rentrée consiste précisément à ne pas reproduire les mêmes difficultés.

Les problèmes de salles de classe, d’abris provisoires, de tables-bancs, d’eau, d’électricité, d’assainissement et d’affectation des enseignants ne doivent pas être découverts après l’ouverture des classes.

La préparation doit commencer par un diagnostic précis, établissement par établissement.

À Kaolack comme ailleurs, il est nécessaire de disposer d’un état des lieux actualisé des écoles confrontées aux problèmes d’eau, aux arriérés de factures, aux coupures d’électricité, aux risques d’inondation, aux bâtiments dégradés, au manque de tables-bancs, aux insuffisances de personnel et aux difficultés d’accès.

Cette cartographie permettrait d’établir une hiérarchisation des urgences et d’éviter une gestion au cas par cas dans l’urgence.

Les résultats scolaires : consolider les progrès

La question des infrastructures doit être mise en relation avec celle de la performance scolaire.

La COSYDEP a appelé à tirer les enseignements des résultats des examens et à adapter les politiques éducatives aux réalités propres à chaque académie. Elle défend notamment un accompagnement différencié des académies, un suivi des élèves et un pilotage davantage fondé sur les données.

Les performances scolaires ne peuvent être dissociées des conditions dans lesquelles les élèves apprennent.

Une école régulièrement privée d’eau ou d’électricité, une salle de classe inondée ou un établissement manquant d’enseignants ne peut être évalué uniquement à travers les résultats aux examens.

La performance doit donc être pensée avec l’environnement scolaire, la qualité de l’enseignement, la présence effective des enseignants, le temps réel d’apprentissage, l’accompagnement des élèves et la disponibilité des ressources pédagogiques.

Les attentes envers l’État et le ministère de l’Éducation nationale

Pour cette rentrée 2026-2027, les attentes sont nombreuses.

Il faut d’abord régler rapidement les situations d’eau et d’électricité qui menacent le fonctionnement des établissements.

Il faut ensuite sécuriser les écoles exposées aux inondations et aux conséquences de l’hivernage avant l’arrivée massive des élèves.

La disponibilité des enseignants et du personnel nécessaire au démarrage effectif des cours constitue également une priorité.

Le ministère doit poursuivre les efforts engagés en matière de recrutement, d’affectation des enseignants, de construction et de réhabilitation des établissements scolaires.

Le dialogue avec les organisations syndicales doit également être renforcé afin de préserver l’année scolaire et de garantir le maximum de temps d’apprentissage.

Enfin, un mécanisme de suivi des engagements pris lors des réunions préparatoires permettrait de mesurer régulièrement les avancées et d’identifier rapidement les blocages.

Quelle contribution pour la COSYDEP ?

La COSYDEP peut jouer un rôle important comme acteur de veille citoyenne et de dialogue.

Elle pourrait contribuer au suivi des conditions de rentrée dans les différentes académies, documenter les difficultés rencontrées par les établissements, recueillir les préoccupations des enseignants, des élèves et des parents, et publier régulièrement un état des lieux.

Elle peut également favoriser le dialogue entre l’État, les syndicats, les collectivités territoriales et les communautés, tout en assurant un suivi des engagements pris par les pouvoirs publics.

Cette contribution serait particulièrement utile dans les zones où les difficultés liées à l’eau, à l’électricité, aux infrastructures ou à l’hivernage persistent d’une année à l’autre.

Kaolack : transformer les discussions en solutions concrètes

À Kaolack, la priorité doit désormais être donnée au règlement rapide des difficultés signalées dans les établissements scolaires.

Les discussions entre la municipalité et les parties prenantes constituent une première étape. Mais l’enjeu est de parvenir à une solution permettant de garantir durablement l’accès à l’eau dans les écoles, tout en clarifiant les responsabilités financières et administratives.

La rentrée ne devrait pas commencer avec la menace permanente d’une nouvelle coupure.

Une solution provisoire peut permettre de gérer l’urgence, mais elle doit être accompagnée d’un mécanisme durable de règlement des factures, de suivi des consommations et de prévention des nouveaux impayés.

Une rentrée à réussir collectivement

La rentrée scolaire 2026-2027 constitue un test pour l’ensemble de la communauté éducative.

L’État doit donner les moyens. Le ministère doit coordonner et contrôler. Les autorités académiques doivent anticiper et suivre. Les collectivités doivent assumer leurs responsabilités locales. Les syndicats doivent maintenir le dialogue tout en défendant les intérêts des travailleurs. Les parents doivent rester mobilisés. La société civile doit jouer son rôle de veille et d’alerte.

L’objectif doit être simple : permettre aux élèves de retrouver des écoles propres, sûres, accessibles, alimentées en eau et en électricité, avec des enseignants disponibles et un temps d’apprentissage préservé.

Le véritable succès d’une rentrée ne se mesure pas uniquement au jour de l’ouverture officielle des classes. Il se mesure à la capacité du système éducatif à maintenir les élèves en classe, à assurer régulièrement les enseignements et à créer les conditions permettant aux enseignants de travailler et aux élèves d’apprendre.

À Kaolack comme dans les autres régions du Sénégal, les difficultés déjà connues doivent désormais devenir des priorités clairement identifiées, suivies et résolues.

L’école ne peut pas attendre.

Mamadou Camara-Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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