Medias : Proximité entre journalistes et politiciens , entre amitié et compromission *

 

 

Journalistes et politiciens au Sénégal : entre amitié et compromission

 

Quand la proximité menace la dignité et l’honneur du journaliste

 

Analyse journalistique

 

Par Mamadou Camara, journaliste – Camou Communication, Kaolack

 

Au Sénégal, les relations entre acteurs politiques et journalistes oscillent entre proximité, complicité et méfiance. Cette cohabitation entre deux sphères qui s’observent et s’utilisent mutuellement peut parfois faciliter l’accès à l’information et nourrir le débat public.

Mais elle recèle aussi un risque majeur : celui de la perte d’indépendance et de crédibilité du journaliste.

 

Une frontière fragile entre amitié et compromission

 

Les journalistes côtoient souvent des responsables politiques issus de leur région, de leurs écoles ou de leur milieu social.

Cette proximité devient toutefois un piège dès qu’elle influence la ligne éditoriale ou pousse le journaliste à prendre parti.

Le danger commence là où l’ami supplante le professionnel, là où la loyauté personnelle prend le dessus sur le devoir d’objectivité.

 

Le prix de la dignité : garder la distance critique

 

Préserver sa dignité impose une distance morale et intellectuelle vis-à-vis du pouvoir.

Cela suppose de :

 

refuser les faveurs et avantages qui altèrent le jugement ;

 

vérifier les informations avant diffusion, quelle que soit la source ;

 

ne pas transformer l’amitié en allégeance.

 

Ce positionnement est exigeant, parfois coûteux.

Mais l’honneur du journaliste se mesure à sa capacité de dire non, même lorsque le confort personnel ou la reconnaissance semblent à portée de main.

 

L’isolement, un risque assumé

 

Les journalistes intègres savent qu’en refusant les compromissions, ils s’exposent à l’isolement : sources réticentes, invitations annulées, regards méfiants.

Pourtant, cet isolement est le sceau de la liberté professionnelle.

Car avec le temps, seuls les journalistes fidèles à leur conscience gagnent la confiance durable du public. Leur parole devient référence, car elle ne dépend d’aucun intérêt caché.

 

L’éthique, dernier rempart

 

Dans un contexte médiatique souvent brouillé par les intérêts politiques, l’éthique professionnelle demeure le dernier refuge du journaliste.

Avant chaque publication, il devrait se poser une question simple mais fondamentale :

 

> « Ce que je publie aujourd’hui, le ferais-je encore si cette personne n’était pas mon ami ? »

 

Cette interrogation suffit, à elle seule, à tracer la ligne entre le journaliste libre et le communicant soumis.

 

Analyse signée :

Mamadou Camara

Journaliste – Camou Communication

Kaolack

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