Ce samedi, les jeunesses patriotiques organisent une conférence de presse dans un hôtel de la place. Pour la énième fois, de telles rencontres sont organisées dans des espaces dont l’étroitesse ne peut contenir tout ce monde.
Dans un contexte politique très tendu, il ne s’agit plus d’organiser des débats dans des lieux restreints. Dans une organisation politique, les militants et sympathisants sont aussi des actionnaires du combat politique. Ces genres de conférences devraient être organisés dans des cadres disposant d’une véritable capacité d’accueil.
Les pastefiens se considèrent parfois comme des génies politiques, des intellectuels ou encore des figures majeures du landerneau politique. Certes, cette innovation autour des débats d’idées constitue une avancée intéressante, mais les Sénégalais ne sont pas encore totalement préparés à accueillir ce genre d’activités politiques dans des espaces limités. Pourtant, de nombreux sympathisants, mais aussi des citoyens apolitiques, souhaitent assister à ces débats de qualité.
Les acteurs politiques doivent désormais adopter une nouvelle stratégie d’organisation des débats publics. Les débats de proximité, organisés dans les quartiers et centrés sur des thématiques prenant en charge les préoccupations des populations, apparaissent beaucoup plus avantageux. Cette communication de proximité pourrait même servir de prétexte à une véritable massification politique.
Le PASTEF n’est pas le seul à adopter ce système. Presque toutes les organisations politiques fonctionnent aujourd’hui de cette manière. Pourtant, les rassemblements dans les lieux publics restent plus avantageux que des conférences organisées dans des cadres où seuls les militants sont présents.
Les débats servent avant tout aux médias, tandis que la massification se construit dans les quartiers. Beaucoup de partis politiques pèchent encore très souvent dans leurs stratégies de communication et de mobilisation politique.Mamadou Camara, journaliste Kaolack
