Sénégal : La politique est une affaire de noblesse

La politique devrait être guidée par des convictions, des principes et une certaine idée de l’honneur. Aujourd’hui pourtant, la transhumance politique est devenue un spectacle banal dans notre démocratie. Des responsables changent de camp au gré des intérêts du moment, sans état d’âme, oubliant leurs engagements d’hier et les sacrifices consentis par leurs militants.

Transhumer, c’est souvent hypothéquer son honneur et sa dignité. C’est aussi exposer son entourage familial à une humiliation morale difficile à effacer. Car la politique est de courte durée ; elle n’est ni éternelle ni supérieure aux valeurs humaines. Une fois les privilèges perdus, comment ceux qui passent d’un camp à un autre pourront-ils encore être à l’aise dans la société, face à leurs proches, leurs amis et leurs électeurs ?

Le plus inquiétant reste la disparition progressive des idéologies et des convictions dans les organisations politiques. Les intérêts personnels semblent désormais prendre le dessus sur les principes. Cette situation fragilise la confiance des citoyens et constitue une véritable honte pour la démocratie.

La transhumance politique, même si elle n’est pas un délit pénal, demeure un délit moral. Elle traduit une crise d’éthique et de fidélité politique qui affaiblit la crédibilité des acteurs publics. Un homme politique devrait défendre des idées et non des intérêts circonstanciels.

Le Sénégal mérite une classe politique plus responsable, plus digne et plus respectueuse des valeurs républicaines. La noblesse en politique ne se mesure pas au pouvoir détenu, mais à la constance des convictions et à la fidélité envers le peuple.

Mamadou Camara

Journaliste

Kaolack

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