Le dossier d’Assane Guèye, plus connu sous le nom d’« Azoura Fall », a connu un nouveau rebondissement ce mardi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Poursuivi pour offense au chef de l’État et placé sous mandat de dépôt depuis le 29 mai 2026, le militant de Pastef-Les Patriotes n’a finalement pas été jugé sur le fond de l’affaire.
Dès l’ouverture des débats, son avocat, Me Ciré Clédor Ly, a soulevé plusieurs exceptions de procédure. S’appuyant sur les articles 618 et 619 du Code de procédure pénale, il a contesté la recevabilité de l’action publique, estimant que le procureur de la République ne disposait pas de la qualité requise pour engager des poursuites dans une affaire d’offense au chef de l’État sans une initiative préalable du président de la République.
L’avocat a également dénoncé des irrégularités dans l’enquête préliminaire, invoquant des manquements aux dispositions de l’article 63 du Code de procédure pénale. Selon lui, les droits de la défense n’auraient pas été pleinement respectés durant la phase de garde à vue.
Dans la même dynamique, Me Clédor Ly a annoncé avoir saisi la chambre d’accusation d’une plainte visant le commissaire de la Division spéciale de cybersécurité. Il a en outre sollicité l’application de l’article 50 du Code pénal, soutenant que son client nécessite toujours un suivi psychiatrique spécialisé. Une ordonnance d’internement à l’hôpital psychiatrique a ainsi été versée au dossier.
Le ministère public a fermement rejeté l’ensemble de ces arguments. Le procureur a rappelé que l’infraction reprochée à Assane Guèye ne relève pas du régime des délits de presse et que les dispositions de l’article 254 du Code pénal l’autorisent à engager des poursuites. Il a également soutenu que la procédure de garde à vue avait été régulièrement menée.
Concernant l’état de santé du prévenu, le parquet a indiqué qu’Assane Guèye avait déjà bénéficié d’une mesure d’internement à la suite d’un diagnostic médical établi en février dernier. Selon le procureur, une amélioration significative de son état avait conduit à la levée de cette mesure après avis favorable de son médecin traitant, lequel avait estimé qu’un suivi ambulatoire était désormais suffisant.
En réponse, la défense a maintenu sa position, affirmant qu’une amélioration de l’état de santé ne saurait être assimilée à une guérison complète et que les dispositions relatives à l’irresponsabilité ou à l’altération des facultés mentales méritaient d’être examinées avec attention.
À l’issue des débats, le tribunal a renvoyé sa décision sur les exceptions soulevées au 9 juin prochain. Entre-temps, la demande de mise en liberté provisoire formulée par la défense a été rejetée. Les juges ont estimé que les risques de trouble à l’ordre public demeuraient et que les garanties de représentation en justice présentées par le prévenu restaient insuffisantes.
L’affaire reste donc en suspens, dans l’attente du délibéré attendu la semaine prochaine sur les questions de procédure soulevées par la défense.
