Figure emblématique de l’arène sénégalaise et président de la Ligue régionale de lutte de Dakar, Moustapha Guèye tire la sonnette d’alarme sur l’évolution de la lutte sénégalaise. Selon le « Tigre de Fass », la discipline s’est éloignée de ses fondamentaux sous l’effet grandissant de l’argent et du business.
Pour l’ancien champion, la lutte simple et le « mbappat » demeurent les véritables écoles de formation du lutteur. Il regrette la disparition progressive de ces pratiques qui ont pourtant permis l’émergence de plusieurs générations de champions. « Aujourd’hui, les chutes techniques se font rares et les jeunes misent davantage sur la force que sur la technique », déplore-t-il.
Moustapha Guèye estime également que la lutte reste avant tout un héritage culturel. À ses yeux, les rituels, les tenues traditionnelles et les valeurs qui entourent ce sport constituent son identité profonde. « La lutte n’est pas seulement un sport ou une affaire d’argent, c’est un patrimoine qu’il faut préserver », affirme-t-il.
Critique envers la nouvelle génération, il regrette le manque de formation professionnelle et de discipline chez de nombreux lutteurs. Selon lui, un sportif doit pouvoir concilier la pratique de la lutte avec les études ou un métier afin de préparer son avenir.
Concernant les défis actuels, l’ancien champion pointe un déficit d’organisation, d’encadrement et de réglementation. Il salue toutefois la création de la fédération de lutte, qu’il considère comme une opportunité de moderniser la discipline tout en préservant ses valeurs culturelles.
À la tête de la Ligue régionale de Dakar, Moustapha Guèye entend relancer la lutte traditionnelle sans frappe, développer le beach wrestling et renforcer la formation des jeunes à la base. Son ambition est de redonner à la lutte sénégalaise ses lettres de noblesse et de lui permettre de rayonner davantage sur la scène internationale.
Mamadou Camara, journaliste
**Camou Communication
