20 mois de détention préventive : les zones d’ombre persistantes autour du dossier Khadim Bâ

Plus de vingt mois après son placement sous mandat de dépôt, l’homme d’affaires Khadim Bâ, dirigeant du groupe Locafrique, reste en détention préventive dans une affaire douanière à forts enjeux financiers. Cette situation continue de susciter de nombreuses interrogations, notamment sur la durée de la procédure et le maintien en prison malgré les contestations de la défense.

Selon plusieurs éléments relayés par la presse, notamment L’Observateur, Khadim Bâ est incarcéré depuis le 4 octobre 2024 dans le cadre d’un contentieux douanier estimé à environ 215 milliards de FCFA. Le dossier oppose l’homme d’affaires à l’administration des Douanes et demeure toujours en instruction.

La défense affirme pourtant qu’un rapport d’expertise ordonné par le juge d’instruction aurait conclu que les droits de douane concernés auraient été payés, et que Khadim Bâ ne serait pas l’importateur direct dans les opérations incriminées. Pour ses avocats, ces éléments devraient conduire à une réévaluation sérieuse de la procédure et de son maintien en détention.

Deux principaux volets structurent l’accusation : d’une part, des droits de douane supposément impayés, et d’autre part, un non-rapatriement de commissions perçues à l’étranger. La défense conteste ces deux points, affirmant qu’aucune preuve formelle ne démontre l’encaissement de ces commissions par l’homme d’affaires, ni une obligation claire de rapatriement au moment des faits selon les règles communautaires en vigueur.

Au-delà du fond, les avocats évoquent également des irrégularités de procédure, dénonçant des retards dans le traitement des recours et un manque de réponse à certaines démarches, y compris des tentatives de règlement à l’amiable.

Pendant ce temps, la détention de Khadim Bâ se prolonge, alimentant les critiques sur la lenteur judiciaire. Plusieurs procédures restent encore pendantes devant les juridictions compétentes.

Dans l’opinion, cette affaire continue de faire réagir. Des acteurs de la société civile estiment que la durée exceptionnelle de la détention préventive devrait être mieux justifiée par les autorités judiciaires, surtout dans un dossier aussi complexe. Certains appellent également à privilégier, lorsque cela est possible, des solutions de règlement ou de conciliation dans les litiges douaniers.

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