Depuis maintenant trois mois, les GIE légalement agréés pour la vente locale du sel dans la région de Kaolack sont à l’arrêt. Une situation préoccupante qui affecte l’ensemble de la chaîne de distribution et qui risque, à terme, d’avoir des répercussions directes sur les ménages sénégalais si aucune solution rapide n’est trouvée.
Chaque jour, les clients, commerçants et opérateurs économiques multiplient les appels auprès des GIE afin de connaître les raisons de cette paralysie qui empêche l’approvisionnement du marché local. Pourtant, conformément aux dispositions régissant le secteur, les GIE disposent d’un quota de 20 % destiné à la vente locale, y compris vers certaines destinations de la sous-région comme le Mali.
Cette interruption prolongée constitue un véritable manque à gagner pour les acteurs de la filière. Les GIE concernés supportent habituellement d’importantes charges financières liées à leurs activités. Ils assurent notamment le transport du sel vers les différentes localités du pays, prennent en charge les chauffeurs, les manutentionnaires ainsi que diverses dépenses logistiques indispensables à l’acheminement de la marchandise.
Aujourd’hui, ces activités sont totalement paralysées. Les manœuvres temporaires qui vivent du chargement et du déchargement du sel sont privés de revenus depuis trois mois. Derrière cette situation se trouvent des centaines de familles qui dépendent directement ou indirectement de cette activité économique pour leur subsistance.
Les conséquences se font également sentir chez les commerçants qui s’approvisionnent traditionnellement auprès des GIE agréés. Beaucoup d’entre eux voient leur activité ralentir faute de marchandises disponibles. Les engagements pris auprès des clients deviennent difficiles à respecter, créant des tensions tout au long du circuit commercial.
Au niveau des ménages, l’inquiétude grandit progressivement. Les détaillants et revendeurs signalent déjà des difficultés d’approvisionnement. Si cette situation perdure, le risque de rupture sur certains marchés locaux ne peut être écarté. Une telle éventualité pourrait entraîner une hausse des prix du sel, dans un contexte économique déjà marqué par la cherté de la vie et la baisse du pouvoir d’achat des populations.
Cette situation apparaît d’autant plus incompréhensible que la région de Kaolack demeure l’un des principaux pôles de production de sel du Sénégal. Le sel est exploité à partir des eaux du fleuve Saloum et de grandes industries opèrent dans la zone. D’importantes quantités sont régulièrement acheminées vers l’extérieur par voie maritime ou routière, tandis que de gros navires continuent d’assurer des exportations vers d’autres marchés.
Dès lors, une question demeure : où se situe réellement le blocage qui empêche les GIE agréés d’exercer leurs activités et d’honorer les contrats conclus avec les opérateurs économiques, les commerçants et les clients à travers le pays ?
Face à cette situation préoccupante, une intervention urgente des autorités compétentes s’impose. Le ministre du Commerce, l’Inspection régionale du Commerce de Kaolack ainsi que l’ensemble des services concernés sont appelés à se saisir du dossier afin d’identifier les obstacles et de permettre une reprise rapide des activités.
Trois mois sans approvisionner le marché local en sel ne constituent pas un simple ralentissement commercial. Il s’agit d’un signal d’alerte sérieux pour toute une filière économique. Chaque jour qui passe accentue les difficultés des GIE, fragilise les commerçants, prive des travailleurs de revenus et augmente le risque d’une pénurie qui toucherait directement les consommateurs.
L’heure est désormais à l’action afin d’éviter que cette crise ne prenne une ampleur encore plus importante dans les semaines à venir.
Mamadou Camara
Journaliste – Camou Communication
Kaolack.
