L’affaire du marché des bracelets électroniques connaît un nouveau développement judiciaire. Moussa Seydi, Directeur des finances, du budget, du matériel et des infrastructures pénitentiaires, a été placé sous mandat de dépôt par le Pool judiciaire financier.
Il est poursuivi dans le cadre d’une enquête portant sur un présumé détournement de deniers publics estimé à plus de 5 milliards FCFA. Le dossier concerne deux marchés d’acquisition de bracelets électroniques conclus entre 2020 et 2023 pour un montant global dépassant 11 milliards FCFA.
Selon les enquêteurs, plusieurs irrégularités auraient été relevées, notamment des écarts financiers importants entre les montants contractuels et les dépenses effectivement justifiées. Le parquet financier évoque également des faits présumés d’escroquerie sur les deniers publics, de faux en écriture publique, d’association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux.
L’un des principaux points de controverse porte sur une avance de démarrage de 1,377 milliard FCFA ainsi que sur un différentiel financier de plus de 3,6 milliards FCFA jugé insuffisamment justifié par les enquêteurs.
L’enquête s’intéresse également au nombre de bracelets effectivement réceptionnés par l’administration pénitentiaire. Des écarts ont été constatés entre les équipements déclarés livrés et ceux recensés lors des vérifications. Des dysfonctionnements techniques auraient aussi été signalés sur une partie du matériel.
La défense de Moussa Seydi rejette les accusations. Ses avocats soutiennent que les paiements effectués étaient conformes aux dispositions contractuelles et rappellent que leur client n’était ni ordonnateur de dépenses ni administrateur de crédits.
Au terme de ses investigations, la Division des investigations criminelles a mis en lumière plusieurs anomalies présumées dans l’exécution des contrats, conduisant à l’ouverture de cette procédure judiciaire qui continue de faire grand bruit au sein de l’administration pénitentiaire.
