Le rejet par le Conseil constitutionnel des réformes constitutionnelles, notamment pour non-respect de la procédure de vote bloqué, continue de susciter des réactions. Pour Abdourahmane Sarr, cette décision met en lumière les limites du fonctionnement institutionnel actuel.
Selon lui, la Constitution sénégalaise fait de la révision constitutionnelle un processus de codécision entre l’Exécutif et la majorité parlementaire. Dès lors qu’un désaccord apparaît sur des questions essentielles touchant à l’organisation du régime politique, chacune des deux parties est en mesure de bloquer l’aboutissement de la réforme.
L’ancien ministre souligne également que la Constitution ne désigne pas clairement le véritable centre de gravité de l’Exécutif lorsque le Président de la République et la majorité parlementaire ne partagent plus la même orientation politique. À ses yeux, cette ambiguïté institutionnelle favorise les blocages et empêche toute évolution sur les réformes de fond.
Abdourahmane Sarr estime que seul le peuple est en mesure de mettre fin à cette situation en réalignant l’Exécutif et le Législatif. Il rappelle que le régime présidentiel sénégalais est conçu pour offrir, en principe, une majorité parlementaire au chef de l’État lorsque les électeurs font leur choix en toute connaissance de cause.
En attendant les prochaines échéances nationales, prévues en 2029, il considère que les citoyens restent privés de la possibilité de se prononcer directement sur cette question institutionnelle. Les élections locales pourraient, selon lui, constituer un signal politique, sans toutefois apporter de réponse au problème de fond.
