À Kaolack, le paysage politique local semble connaître une période d’accalmie qui suscite des interrogations au sein de certains militants et sympathisants de Pastef. Alors que les mouvements de soutien et plusieurs acteurs politiques multiplient les initiatives sur le terrain communal, une partie des responsables du parti au pouvoir est accusée de manquer de visibilité et d’actions concrètes auprès des populations.
Dans une période où la proximité avec les citoyens constitue une arme politique majeure, certains observateurs estiment que l’heure n’est plus aux calculs internes ni aux positionnements en vue des prochaines échéances électorales, mais plutôt à la remobilisation et à la réunification des forces autour du projet porté par Pastef.
Certes, quelques responsables restent actifs sur le terrain, notamment aux côtés des associations sportives, lors des finales, des rencontres communautaires et auprès des couches vulnérables. Mais pour beaucoup de militants, ces initiatives restent insuffisantes face à l’ampleur des défis politiques actuels.
Pendant ce temps, Pastef poursuit son implantation dans plusieurs localités du pays, jusque dans les zones du Saloum comme Ndiédieng, Nioro-du-Rip et d’autres territoires où les structures locales multiplient les rencontres et les activités. À Kaolack commune, certains regrettent l’absence d’une dynamique collective visible portée par la direction locale du parti.
Dans plusieurs quartiers et marchés, ce sont souvent des sympathisants qui tentent de maintenir la présence du parti auprès des populations. Une situation qui alimente les inquiétudes : en politique, le terrain ne reste jamais vide. L’absence d’occupation permanente de l’espace public peut profiter aux adversaires qui, eux, déploient progressivement leurs stratégies.
La politique obéit à une règle simple : la proximité, l’écoute et la communication permanente avec les citoyens sont indispensables pour conserver la confiance populaire. Les victoires électorales se construisent dans la durée, par le travail quotidien et non par la seule popularité acquise dans les urnes.
À Kaolack, certains militants s’interrogent désormais sur les raisons de cette baisse de mobilisation : s’agit-il d’un problème de leadership local, d’un déficit de management politique ou d’un manque de coordination entre responsables ? Des interrogations qui méritent des réponses claires pour éviter une dispersion des forces.
Face à cette situation, des voix appellent les instances nationales de Pastef, notamment le président du parti Ousmane Sonko, à accorder une attention particulière à la capitale du Saloum afin de renforcer la cohésion interne et de relancer la dynamique militante.
Car en politique, le temps perdu est difficilement rattrapable. Les erreurs de stratégie, le manque d’anticipation et l’absence de présence permanente sur le terrain peuvent avoir des conséquences importantes.
À Kaolack, l’alerte est lancée : le Pastef doit retrouver son souffle, réactiver ses bases et renouer avec cette proximité qui a longtemps fait sa force.
Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack
