Il arrive qu’un chef d’État, un ministre, un dirigeant, un élu ou un conférencier doive s’exprimer malgré un rhume, une voix enrouée ou des signes de fatigue. Dans ce type de situation, l’essentiel est de préserver la qualité de l’intervention tout en restant naturel, serein et professionnel.
Le premier réflexe consiste à ne pas chercher à masquer la situation. Une simple phrase au début de l’allocution, telle que : « Veuillez excuser ma voix, je suis légèrement enrhumé aujourd’hui », suffit généralement. Le public fait preuve de compréhension lorsqu’une situation est expliquée avec simplicité.
Il est également recommandé de parler plus lentement, d’articuler davantage et de faire des pauses naturelles afin d’éviter de forcer sur la voix. Un verre d’eau ou une boisson adaptée doit toujours être disponible pour permettre une hydratation discrète lorsque cela s’avère nécessaire.
Si l’orateur ressent le besoin de se moucher ou de tousser, il est préférable de profiter d’une transition, d’une séquence vidéo, d’applaudissements ou d’une courte interruption afin d’effectuer ce geste avec discrétion, idéalement hors du champ des caméras.
Le rôle essentiel du protocole et de l’équipe de communication
Le service du protocole et les équipes de communication ont un rôle déterminant dans la gestion de ces situations. Ils doivent anticiper en mettant à disposition de l’eau, des mouchoirs et, si nécessaire, des pastilles autorisées.
Lorsque le discours est long, le rythme du programme peut être adapté afin de limiter la fatigue de l’orateur. Une coordination avec la réalisation audiovisuelle permet également d’éviter les gros plans pendant les moments délicats et de prévoir des transitions, des interventions du maître de cérémonie ou des séquences vidéo offrant à l’intervenant quelques instants pour reprendre son souffle.
Face aux caméras et aux réseaux sociaux
À l’ère des réseaux sociaux, le moindre geste peut être isolé de son contexte et largement relayé. Il est donc conseillé de rester calme, d’éviter tout signe d’agacement et de ne jamais forcer la voix, au risque de donner une impression de difficulté.
Une posture digne, une attitude sereine et des pauses bien maîtrisées renforcent davantage la crédibilité qu’une volonté de poursuivre coûte que coûte dans l’inconfort. Si cela est nécessaire, l’équipe de communication peut simplement préciser que l’orateur est légèrement souffrant afin d’éviter toute spéculation.
En communication publique, la crédibilité ne repose pas sur une voix parfaite, mais sur la capacité à gérer la situation avec maîtrise, simplicité et professionnalisme. Une bonne anticipation du protocole et de l’équipe de communication contribue à préserver la dignité de la fonction, à garantir une prise de parole fluide et à protéger l’image de l’institution représentée.
Mamadou Camara
Journaliste – Consultant en communication
Titulaire d’un Master en Journalisme et Communication
Kaolack
NB : Cet article est un conseil pratique en communication institutionnelle. Il ne vise aucune personnalité en particulier et n’a pas pour objet de dénigrer ou de nuire à quiconque.
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