La polémique autour de la journée fériée suivant le Grand Magal de Touba met en évidence un véritable problème de communication institutionnelle. Au-delà des débats sur l’application des textes, cette situation montre qu’une meilleure anticipation aurait permis d’éviter les incompréhensions observées au sein de l’opinion publique.
Avant chaque grande célébration nationale ou religieuse, il est indispensable que les autorités compétentes rappellent officiellement les dispositions en vigueur, notamment celles relatives aux jours fériés, chômés et payés. Une communication claire et diffusée suffisamment tôt permet aux citoyens, aux administrations, aux entreprises et aux transporteurs de mieux s’organiser.
Beaucoup de Sénégalais effectuent le déplacement à Touba à l’occasion du Grand Magal. Les difficultés de transport, les retards ou d’autres situations imprévues peuvent empêcher certains de regagner leur lieu de travail dans les délais. C’est pourquoi une communication préventive est essentielle.
Après la célébration du Grand Magal de Touba, le ministre de la Fonction publique a instruit ses services de recenser les agents absents. À la suite de cette opération, 179 demandes d’explications ont été adressées aux fonctionnaires concernés. Sur le plan juridique, le ministre est dans la légalité en veillant au respect des obligations des agents de l’État.
Les fonctionnaires doivent naturellement faire preuve de conscience professionnelle et respecter leurs obligations de service. Toutefois, cela ne dispense pas les pouvoirs publics d’assurer une communication régulière, claire et accessible avant les grands événements.
Les jours fériés sont certes définis par les autorités, comme cela se fait depuis de nombreuses années. Mais la répétition est pédagogique. Un rappel officiel ne constitue jamais une démarche inutile. Il serait souhaitable qu’avant chaque grand événement, une note de service soit diffusée, accompagnée de communications de la tutelle à travers les radios, les télévisions, les réseaux sociaux, les communiqués de presse et des vidéos explicatives.
Il convient également de rappeler qu’une note de service revêt un caractère obligatoire dans l’organisation administrative, contrairement à une note d’information, qui a essentiellement une vocation informative et n’emporte pas les mêmes effets.
Dans ce contexte de polémique, les autorités et les parlementaires gagneraient à réfléchir à de nouvelles stratégies de communication publique. Les conditions de déplacement, les difficultés de transport ou d’autres situations imprévues peuvent survenir à tout moment. Tous les citoyens ne disposent pas des mêmes moyens pour voyager ou regagner rapidement leur poste de travail.
Il est vrai que les journées d’absence représentent un manque à gagner important pour l’économie nationale. Mais une communication institutionnelle permanente, anticipée et multicanale contribuerait à réduire les incompréhensions, à prévenir les polémiques et à renforcer le respect des décisions administratives.
La bonne gouvernance repose aussi sur une communication efficace. Informer à temps, expliquer les décisions et rappeler régulièrement les règles sont des exigences essentielles d’une administration moderne au service des citoyens.
Mamadou Camara
Journaliste
Camou Communication
Kaolack
