La déclaration de patrimoine n’est pas un simple exercice administratif. Elle constitue un acte de transparence, de responsabilité et de respect envers les citoyens. Pourtant, au Sénégal, alors que certaines autorités se sont déjà conformées à cette obligation, d’autres semblent encore tarder à franchir le pas.
Le rappel est d’autant plus important que le président de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), Moustapha Ka, avait clairement alerté l’opinion sur la situation. En mai 2026, il indiquait que l’OFNAC aurait recensé 1 594 personnes assujetties, mais que seules 558 déclarations auraient été déposées, soit un niveau de conformité encore très faible. Il avait également signalé que plusieurs ministères et institutions n’avaient pas encore transmis leurs listes nominatives.
Face à cette situation, Moustapha Ka avait annoncé un délai ferme fixé au 31 juillet 2026, précisant que les personnes qui ne se seraient pas exécutées s’exposeraient aux sanctions prévues par la loi, sans considération de statut ni de position.
Nous sommes désormais au-delà de cette échéance. La question mérite donc d’être posée : où en est réellement la situation aujourd’hui ? Qui a régularisé sa déclaration ? Qui reste en retard ? Et surtout, quelles suites l’OFNAC entend-il donner aux manquements constatés ?
Le peuple sénégalais est en droit d’attendre de ses dirigeants et de toutes les personnes assujetties au devoir de déclaration un comportement exemplaire. La transparence ne peut pas être une exigence réservée à certains et une recommandation pour d’autres.
Aux croyants, le rappel est également simple : la responsabilité, la probité et la reddition des comptes ne sont pas seulement des obligations juridiques ; elles renvoient aussi à des principes moraux et à la conscience de chacun. Celui qui exerce une responsabilité publique doit pouvoir rendre compte de sa gestion devant la loi, devant les citoyens et devant sa propre conscience.
L’OFNAC dispose aujourd’hui d’un cadre légal renforcé avec la loi n°2025-13 relative à la déclaration de patrimoine. L’institution rappelle elle-même que cette procédure vise notamment à prévenir la corruption et l’enrichissement illicite, tout en protégeant les responsables publics contre d’éventuelles accusations injustifiées.
Il est donc temps de passer du rappel à l’application effective de la règle. Aucune fonction, aucun titre et aucune proximité avec le pouvoir ne devrait constituer un bouclier face à une obligation légale.
Le Sénégal a besoin de transparence, mais surtout d’une transparence appliquée à tous.
Mamadou Camara – Journaliste
Camou Communication – Kaolack
