La démocratie africaine ne pourra véritablement franchir un nouveau cap que lorsque deux maux majeurs seront définitivement combattus : l’opacité dans la gestion des fonds publics et la transhumance politique après la perte du pouvoir.
Dans de nombreux pays africains, la question de la transparence dans la gestion des ressources publiques demeure au cœur des préoccupations des citoyens. L’argent public n’appartient ni à un gouvernement, ni à un parti politique, encore moins à un responsable. Il appartient à la Nation. Sa gestion doit donc obéir aux principes de responsabilité, de contrôle, de reddition des comptes et de transparence.
Mais la démocratie ne se résume pas non plus à organiser des élections. Elle repose également sur la fidélité aux convictions, aux programmes et au choix exprimé par les électeurs. Lorsqu’un responsable politique change de camp simplement parce que son parti a perdu le pouvoir ou parce qu’il espère préserver ses privilèges, c’est la confiance des citoyens dans la politique qui s’érode.
La transhumance politique fragilise les institutions et donne parfois l’impression que les convictions sont négociables au gré des intérêts personnels. Or, une démocratie solide a besoin d’hommes et de femmes capables d’assumer leurs choix, y compris dans l’opposition.
Il est donc temps que les États africains renforcent leurs mécanismes de contrôle des finances publiques, garantissent l’indépendance des institutions de contrôle et imposent davantage de transparence aux responsables publics. Dans le même temps, les formations politiques doivent promouvoir une culture de responsabilité et de cohérence, où la défaite électorale n’est pas synonyme de ralliement opportuniste.
Si l’Afrique parvient à assainir durablement la gestion des fonds publics et à réduire la transhumance des acteurs politiques, elle aura franchi une étape décisive vers une démocratie plus mature, plus crédible et davantage respectée.
La démocratie africaine ne demande pas seulement des dirigeants élus. Elle exige aussi des dirigeants responsables, des institutions fortes et des citoyens capables de demander des comptes.
Mamadou Camara – Journaliste
Camou Communication – Kaolack
