Cheikh Oumar Touré : trente ans après, le souvenir d’un grand érudit de la Fayda tidiane De Ndiaye-Ndiaye à Serekunda, un itinéraire consacré au savoir, au Coran et la transmission spirituelle

28 août 1996 – 28 août 2026. Il y a trente ans disparaissait Cheikh Oumar Touré, figure marquante de la première génération des disciples de Cheikh Al Islam Ibrahim Niass de Kaolack, plus connu sous le nom de Baye Niass. Il s’est éteint à Serekunda, en Gambie, à l’âge de 94 ans, après une vie largement consacrée à l’étude, à l’enseignement religieux et à la transmission spirituelle.

Né en 1902 à Ndiaye-Ndiaye, entre Sokone et Djilor, Cheikh Oumar Touré grandit dans un environnement fortement imprégné de culture islamique. Fils d’El Hadji Makhtar Touré et de Fatou Thiané Cissé, il est très tôt orienté vers l’apprentissage du Coran.

Sa quête de connaissance le conduit dans plusieurs foyers religieux du Sénégal. Après avoir consolidé sa maîtrise du Coran, il approfondit progressivement les sciences islamiques, notamment la théologie, le droit musulman, la grammaire arabe et les disciplines liées à la spiritualité.

C’est à Kossi qu’il rencontre Cheikh Ibrahima Niass. Cette rencontre va profondément orienter la suite de son existence. Il devient progressivement un disciple fidèle de Baye Niass et s’investit dans l’enseignement ainsi que dans les activités agricoles qui accompagnaient la vie des communautés religieuses de l’époque.

En 1935, avec l’accord de son guide, il s’installe à Keur Bara Tambédou. Quelques années plus tard, en 1940, il fonde Sahm, également appelé Keur Cheikhou. Le lieu devient un espace d’apprentissage, de travail et de pratique religieuse.

Ndoffane, trente années au service du Coran

L’année 1948 marque une nouvelle étape. Sur instruction de Baye Niass, Cheikh Oumar Touré rejoint Ndoffane, où il va consacrer environ trois décennies à l’enseignement.

Il y construit une mosquée et développe autour d’elle un important cadre d’apprentissage. De nombreux disciples viennent y étudier le Coran et les sciences religieuses.

Durant cette période, Ndoffane devient l’un des principaux lieux associés à son œuvre. Son enseignement dépasse la seule transmission des connaissances religieuses : il insiste également sur la discipline, le travail, la pratique spirituelle et l’éducation morale.

Un homme de savoir et de spiritualité

La vie de Cheikh Oumar Touré est profondément marquée par la recherche de la connaissance.

Le Coran, l’enseignement, le zikr, la wazifa et la fidélité à son guide occupent une place centrale dans son parcours.

Sa conception de la vie religieuse associe la spiritualité à l’effort quotidien. L’agriculture et le travail occupent ainsi une place importante dans les différentes communautés qu’il dirige.

Son attachement à Baye Niass demeure l’un des traits les plus remarquables de son parcours. Il se distingue par son obéissance au guide et par son engagement dans la diffusion de son enseignement.

De La Mecque à l’Afrique de l’Ouest

Cheikh Oumar Touré effectue également plusieurs voyages qui témoignent de sa volonté d’élargir ses connaissances et de rencontrer d’autres foyers de savoir islamique.

Son pèlerinage à La Mecque constitue l’une des grandes étapes de cette vie de quête spirituelle. Il effectue le déplacement par voie terrestre, traversant plusieurs pays africains avant d’atteindre les Lieux saints.

Il voyage également vers le Mali, le Niger et le Nigeria, participant ainsi à la circulation des connaissances et à la diffusion de l’enseignement religieux.

La Gambie, dernière étape de son parcours

En 1978, après trente années passées à Ndoffane, Cheikh Oumar Touré s’établit en Gambie, à Serekunda.

Il y poursuit son activité religieuse et son enseignement. Même loin du Sénégal, il reste attaché à la mission qu’il s’était fixée : transmettre le savoir, accompagner les disciples et contribuer au rayonnement de la Fayda tidiane.

Un héritage qui dépasse les frontières

Cheikh Oumar Touré laisse derrière lui l’image d’un érudit, enseignant, guide spirituel et disciple profondément attaché à Baye Niass.

Son parcours relie plusieurs générations et plusieurs territoires : de Ndiaye-Ndiaye à Kossi, de Keur Bara à Sahm, de Ndoffane à La Mecque, avant son installation définitive en Gambie.

Son héritage se mesure surtout à travers la transmission du Coran, du savoir islamique et des valeurs spirituelles à plusieurs générations de disciples.

28 août 1996 : le rappel à Dieu

Après 94 années d’existence, Cheikh Oumar Touré est rappelé à Dieu le 28 août 1996 à Serekunda, en Gambie.

Trente ans après sa disparition, son nom demeure associé à une génération d’érudits qui ont joué un rôle important dans l’implantation et la diffusion de la Fayda tidiane en Afrique de l’Ouest.

Né en 1902 à Ndiaye-Ndiaye, disparu le 28 août 1996 à Serekunda : Cheikh Oumar Touré aura consacré l’essentiel de sa vie au savoir, au Coran, à l’éducation des disciples et au service de la spiritualité.

Mamadou Camara-Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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