KAFFRINE :BABACAR GAYE DÉNONCE  » Le MERCATO POLITIQUE  » ET APPELLE À PRÉSERVER LA FIDÉLITÉ AUX CONVICTIONS

Dans une nouvelle tribune consacrée aux recompositions politiques à Kaffrine, Babacar Gaye alerte sur ce qu’il considère comme une dérive du débat politique local : la multiplication des ralliements, des rapprochements et des changements de position qui, selon lui, risquent de transformer la recomposition politique en véritable « mercato ».

Après avoir déjà dénoncé, dans une précédente contribution intitulée « Recom­position fondatrice versus mercato politique », une forme de transhumance politique qui ne disparaîtrait pas mais changerait simplement « d’attelage », l’ancien responsable politique revient sur l’actualité de Kaffrine avec une préoccupation particulière.

Pour Babacar Gaye, les changements d’alliances ne constituent pas en eux-mêmes un problème. En démocratie, rappelle-t-il, chacun doit pouvoir revoir ses positions, quitter une formation politique ou rejoindre une nouvelle organisation lorsque ses convictions l’y conduisent. Mais il estime que ces changements devraient être accompagnés d’explications politiques, idéologiques ou programmatiques suffisamment claires.

Il s’interroge ainsi sur la multiplication des mouvements, des déclarations et des rapprochements avec le pouvoir en place : quelles sont les nouvelles idées ? Quelles divergences ont réellement motivé les ruptures ? Quel projet collectif porte cette recomposition ?

À ses yeux, lorsque ces questions restent sans réponses précises, le soupçon d’un simple « mercato politique » devient difficile à écarter.

Babacar Gaye insiste également sur la nécessité de préserver la mémoire politique de Kaffrine. Il rappelle les différentes étapes qui ont marqué le développement de la région, citant notamment l’accession de Kaffrine au statut de région sous Abdoulaye Wade et les politiques de développement territorial conduites sous Macky Sall.

Son propos n’est pas de contester le droit de chacun à évoluer politiquement, mais plutôt de rappeler que les changements d’orientation ne devraient pas conduire à effacer l’histoire, les engagements passés et les relations construites au fil des années.

Dans cette perspective, il défend une conception de la recomposition politique fondée davantage sur les idées et les projets que sur les positions individuelles.

« La véritable ligne de rupture devrait passer entre la politique des positions et celle des propositions », soutient-il en substance.

À travers cette nouvelle sortie, Babacar Gaye revendique également son attachement à ses origines et à certaines valeurs de fidélité qu’il associe à la culture politique de Kaffrine et du Ndukumaan. Il évoque notamment la figure de Saa Balaŋaar et la loyauté attribuée à Sambou Oumane Touré dans l’histoire de la résistance du Saloum.

Pour lui, cette référence historique rappelle qu’en politique comme dans la vie, certaines fidélités ne devraient pas être négociables.

Le message de Babacar Gaye se veut finalement un appel à la cohérence : on peut perdre une élection, quitter une fonction, changer de formation ou même choisir de se retirer de la vie politique. Mais, estime-t-il, il ne faudrait pas perdre pour autant le sens de la parole donnée, de la mémoire et des convictions.

À travers cette tribune, c’est donc moins la recomposition politique qu’il critique que la manière dont elle pourrait se faire : sans débat d’idées, sans projet clairement identifié et au gré des rapports de force.

Mamadou Camara-Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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