France -Budget 2027 : Rejet unanime du volet recettes à l’Assemblée , Marine Le Pen fustige la  » fin d’un règne pathétique  » du gouvernement

PARIS — L’Assemblée nationale a infligé un désaveu cinglant au gouvernement en rejetant, à l’unanimité des suffrages exprimés par 458 voix contre zéro, le volet « recettes » du projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Ce camouflet parlementaire historique met en lumière la fragilité politique de l’exécutif, désormais privé du moindre soutien banc dans l’hémicycle sur sa feuille de route budgétaire.

​« Une fin de règne un peu pathétique »

​Invitée à réagir immédiatement après l’issue du scrutin, Marine Le Pen, députée et candidate déclarée du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027, n’a pas retenu ses coups. Évoquant une impasse institutionnelle, la cheffe de file frontiste a vivement dénoncé la gestion de la majorité :

​« C’est une fin de règne qui est un peu pathétique », a-t-elle taclé, soulignant l’isolement d’un exécutif incapable de dégager une trajectoire financière soutenable et négociée.

 

​Vers un transfert au Sénat et le spectre du 49.3

​Conformément à la procédure parlementaire, l’abandon du volet recettes par la chambre basse met fin à l’examen de la suite du texte à l’Assemblée. Faute d’accord des députés, c’est la version initiale rédigée par le gouvernement qui sera transmise directement au Sénat.

​Cette situation place le pouvoir dans une position particulièrement complexe. Alors que les oppositions de gauche comme de droite dénoncent l’absence de marge de manœuvre budgétaire, la menace d’un recours ultime à l’article 49.3 de la Constitution — au risque de s’exposer à une motion de censure déstabilisatrice — plane plus que jamais sur la fin du quinquennat.

​La bataille des alternatives économiques pour 2027

​Alors que les travaux au Palais Bourbon s’enlisent, cet épisode accélère le tempo de la pré-campagne présidentielle. En parallèle des débats de l’hémicycle, le Rassemblement national entend capitaliser sur l’affaiblissement du pouvoir central en présentant son propre « contre-budget ».

​Ciblant près de 140 milliards d’euros d’économies d’ici 2032, Marine Le Pen propose notamment :

​La baisse drastique de la contribution française au budget de l’Union européenne ;

​La réduction des charges patronales et salariales pour favoriser une hausse de 10 % des salaires jusqu’à trois fois le SMIC ;

​L’inscription d’une « règle d’or budgétaire » dans la Constitution via référendum afin d’encadrer la dette publique.

​En s’emparant de cette défaite parlementaire du gouvernement, Marine Le Pen s’efforce de positionner son camp en seule force d’alternance face à la crise institutionnelle et budgétaire qui s’installe.

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