PLFI au Sénégal : Cheikh Diba défend un budget d’austérité et de responsabilité face à la Commission des finances

1. Un cadre budgétaire sous contrainte économique

​Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a présenté devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale le projet de loi de finances initiale (PLFI) pour 2027. Qualifié de « budget de responsabilité », ce projet vise principalement à faire passer le déficit budgétaire de 7,6 % du PIB (selon le projet de loi rectificative 2026 rejeté) à 4,7 % en 2027.

​Ce redressement s’inscrit dans un contexte international dégradé par le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, ayant entraîné la hausse des cours énergétiques et le durcissement du financement extérieur. Après un pic de croissance à 6,75 % en 2025 tiré par le secteur pétro-gazier, la croissance s’établirait à 2,7 % en 2026 puis à 1,5 % en 2027.

​Cette trajectoire prudente vise à soutenir l’accord technique conclu avec le FMI le 1er septembre 2026 pour un programme triennal de 2,2 milliards de dollars (1 243 milliards FCFA) au titre de la Facilité élargie de crédit.

​2. Équilibre financier et priorités d’investissement

​Chiffres clés :

​Recettes : 5 653,9 milliards FCFA (+137,2 milliards par rapport au texte rectificatif rejeté)

​Dépenses : 7 005,6 milliards FCFA (-246,3 milliards)

​Déficit budgétaire : 1 351,7 milliards FCFA

​Déficit primaire : Réduit à 47,7 milliards FCFA (0,2 % du PIB)

​Projets structurants préservés :

​Construction de 5 grands hôpitaux et 12 lycées LYNAQE.

​Poursuite du Grand Transfert d’Eau (270 km) et aménagement de 320 000 ha hydro-agricoles d’ici 2029.

​Infrastructures routières et ferroviaires (ponts de Ziguinchor et Rosso, ligne Dakar-Tambacounda).

​Volet social : Doublement des Bourses de sécurité familiale (de 70 à 140 milliards FCFA) pour plus d’un million de ménages.

​Soutien au privé : Enveloppe de 480 milliards FCFA dédiée au règlement des arriérés dus aux entreprises et création d’un fonds de relance de 22 milliards FCFA.

​3. Réformes structurelles et fiscales

​Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement prévoit la mise en place d’un nouveau Code général des impôts et d’un nouveau Code des douanes en 2027 :

​Recettes : Taxation de l’immobilier, audit des grands contribuables, taxation du numérique étranger, encadrement des exonérations et généralisation de la facture électronique.

​Subventions énergétiques : Réforme majeure visant à réduire leur poids à 1 % du PIB d’ici 2029. Le gaz butane de petit format et les ménages modestes (via un tarif électrique social) seront préservés.

​Gestion publique : Restructuration d’entreprises publiques (SONACOS, SODEFITEX, Air Sénégal, etc.), intégration obligatoire de tous les financements extérieurs dans SYSBUDGEP et création de la Direction générale du Financement et de la Dette.

​4. Débats de procédure à l’Assemblée

​Face aux réserves exprimées par la Commission des finances, Cheikh Diba a précisé que les ajustements par rapport au texte rectificatif rejeté ont été intégrés par voie d’errata et n’affectent pas les dispositions soumises au vote de la LFI, appelant ainsi les parlementaires à soutenir ce projet de redressement national.

Mamadou Camara-Journaliste

Kaolack

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