LFI 2027 : PASTEF rejette les prévisions de recettes et plusieurs budgets des institutions de la République

L’examen du projet de loi de finances initiale (LFI) 2027 a été marqué par de vives divergences au sein de la Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale. Les députés de PASTEF ont rejeté les prévisions de recettes, la dette publique ainsi que les budgets de plusieurs institutions de la République.

 

Les institutions concernées sont notamment la Présidence de la République, l’Assemblée nationale, la Cour suprême, le Conseil constitutionnel et la Cour des comptes.

 

Présidence de la République : 223,86 milliards FCFA

 

Le budget de la Présidence de la République est proposé à 223,86 milliards FCFA pour 2027, contre 204,54 milliards FCFA en 2026, soit une hausse de 19,31 milliards FCFA.

 

Cette augmentation s’explique notamment par l’évolution de la dotation du Fonds intergénérationnel, qui passe de 7,6 milliards à 39,7 milliards FCFA.

 

Le transfert de certaines charges liées aux loyers des bâtiments administratifs figure également parmi les éléments ayant influencé cette évolution budgétaire.

 

Toutefois, hors comptes spéciaux du Trésor, les dépenses de la Présidence connaissent une diminution de 6,52 %.

 

Primature : 32,37 milliards FCFA

 

Le budget de la Primature est évalué à 32,37 milliards FCFA pour l’année 2027, contre environ 29,54 milliards FCFA en 2026.

 

Cette enveloppe doit permettre d’assurer le fonctionnement des services du Premier ministre, la coordination de l’action gouvernementale ainsi que la prise en charge des différentes missions relevant de la Primature.

 

Assemblée nationale : 21,11 milliards FCFA

 

Pour l’Assemblée nationale, le projet de budget prévoit 21,11 milliards FCFA en 2027, contre 22,30 milliards FCFA en 2026.

 

Cette évolution représente une baisse de 1,18 milliard FCFA, soit 5,33 %.

 

La réduction concerne principalement les dépenses inscrites au budget général. Cette dotation couvre notamment le fonctionnement administratif, les charges institutionnelles et les moyens nécessaires à l’exercice des missions parlementaires.

 

Conseil constitutionnel : 1,50 milliard FCFA

 

Le budget du Conseil constitutionnel est proposé à 1,50 milliard FCFA pour 2027, contre 1,36 milliard FCFA en 2026.

 

Cela représente une augmentation de 144,13 millions FCFA, soit 10,59 %.

 

Cette progression est notamment liée à la prise en charge des dépenses de personnel et à une dotation de 100 millions FCFA destinée à l’organisation des élections prévues en 2027.

 

Cour suprême : 4,69 milliards FCFA

 

Le projet de budget de la Cour suprême s’établit à 4,69 milliards FCFA en 2027, contre 4,77 milliards FCFA en 2026.

 

Cette diminution de 78,41 millions FCFA correspond à une baisse de 1,64 %.

 

Elle s’explique principalement par une réduction des dépenses de personnel. L’enveloppe doit permettre à cette haute juridiction de poursuivre ses missions judiciaires et administratives.

 

Cour des comptes : 13,07 milliards FCFA

 

La Cour des comptes devrait disposer d’un budget de 13,07 milliards FCFA en 2027, contre 13,45 milliards FCFA en 2026.

 

La baisse est estimée à 378,13 millions FCFA, soit 2,81 %.

 

Cette réduction concerne principalement les dépenses de personnel. La Cour des comptes demeure une institution essentielle dans le contrôle de l’utilisation des ressources publiques et l’évaluation de la gestion financière de l’État.

 

Prévisions de recettes : 5 653,9 milliards FCFA

 

Les prévisions de recettes du budget général pour 2027 sont estimées à 5 653,9 milliards FCFA.

 

Le gouvernement compte notamment sur l’amélioration du recouvrement fiscal, la lutte contre la fraude, la modernisation de l’administration fiscale et douanière ainsi que l’élargissement de l’assiette fiscale.

 

Ces projections constituent un élément central du projet de loi de finances. Leur rejet en commission traduit les divergences autour des hypothèses retenues pour mobiliser les ressources nécessaires au financement des dépenses publiques.

 

. Dette publique : un enjeu majeur des discussions budgétaires

 

La dette publique figure également parmi les points contestés lors de l’examen du projet de budget 2027.

 

La question de l’endettement demeure particulièrement importante pour le Sénégal, dans un contexte où les autorités affichent leur volonté de réduire le déficit budgétaire et de renforcer la maîtrise des finances publiques.

 

Le gouvernement prévoit notamment de ramener le déficit budgétaire à 4,7 % du produit intérieur brut (PIB) en 2027.

 

Une enveloppe de 480 milliards FCFA est également annoncée pour le règlement des arriérés dus au secteur privé.

 

Un examen budgétaire marqué par des divergences

 

Le rejet de ces différentes composantes du projet de loi de finances initiale 2027 marque une nouvelle étape dans les discussions parlementaires sur les orientations économiques et financières du Sénégal.

 

Au-delà des montants alloués aux institutions, les débats portent sur la crédibilité des prévisions de recettes, la gestion de la dette publique et les priorités budgétaires de l’État.

 

Le gouvernement devra poursuivre les discussions parlementaires autour de son projet de budget pour 2027.

 

À noter : les rejets évoqués concernent les travaux en commission et ne signifient pas nécessairement que l’ensemble de la loi de finances 2027 a été définitivement rejeté par l’Assemblée nationale.

 

Mamadou Camara-Journaliste

Kaolack

 

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