Sénégal : Quand les anciennes générations refusent de quitter la scène politique

Hier encore, ils étaient présentés comme des symboles de résistance contre l’autoritarisme et pour la consolidation de la démocratie sénégalaise. Ils ont traversé les différentes époques politiques du pays : celles de Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, Moustapha Niasse, Abdoulaye Bathily, Landing Savané, Cheikh Anta Diop, Mamadou Dia et bien d’autres figures qui ont marqué l’histoire politique nationale.

Cette génération a participé à presque tous les combats politiques depuis 1960. Elle a connu les grandes confrontations idéologiques, les luttes syndicales, les périodes de tension démocratique et les alternances successives. Mais aujourd’hui, une question se pose avec insistance : pourquoi certains de ces acteurs refusent-ils toujours de céder la place ?

Dans un pays où plus de la moitié de la population est jeune, voir des responsables politiques âgés partager encore les plateaux de télévision avec des générations qui pourraient être leurs petits-enfants interroge sur le renouvellement de la classe politique. Beaucoup espéraient qu’avec leur expérience, ces anciens deviendraient des guides, des sages ou des conseillers pour accompagner la jeunesse dans la construction d’un nouveau modèle démocratique.

Au contraire, certains continuent d’alimenter les divisions politiques, de défendre des intérêts personnels et de s’accrocher à une influence devenue parfois déconnectée des réalités actuelles. Cette omniprésence permanente finit par donner l’image d’une démocratie incapable de se renouveler.

Le Sénégal a besoin d’une transition générationnelle apaisée, fondée sur la transmission du savoir et non sur la confiscation de l’espace politique. L’expérience des anciens doit servir à éclairer la jeunesse, pas à l’étouffer.

Après plusieurs décennies de militantisme et de présence dans l’arène politique, beaucoup gagneraient davantage en respect et en grandeur en prenant du recul, en laissant émerger une nouvelle génération et en consacrant le reste de leur vie à la sagesse, à la spiritualité et à la paix sociale.

Une démocratie forte ne se construit pas seulement par les combats du passé, mais aussi par la capacité à préparer l’avenir.

Mamadou Camara, journaliste Kaolack

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