Confronté à une dette publique estimée à 23 667 milliards FCFA à fin 2024, soit environ 119 % du PIB, le Sénégal fait face à une forte pression financière marquée par la dominance de la dette extérieure, évaluée à 68,3 % du portefeuille global.
À cette situation s’ajoute une dette cachée estimée à 4 000 milliards FCFA ainsi qu’un important calendrier de remboursement prévu entre 2025 et 2028. Pour la seule année 2026, le service de la dette devrait atteindre 5 497 milliards FCFA, avec des pics de remboursement attendus en mars (747 milliards FCFA) et en octobre (278 milliards FCFA).
Dans ce contexte, les autorités privilégient une nouvelle orientation axée sur la réduction de l’exposition aux fluctuations monétaires internationales, notamment au dollar. Le FCFA étant arrimé à l’euro, toute hausse du billet vert entraîne mécaniquement une augmentation du poids de la dette libellée en dollars, même sans nouvel emprunt.
Pour limiter cette vulnérabilité, l’État renforce progressivement le recours au financement intérieur et régional à travers les émissions de Bons du Trésor destinés aux banques locales et aux investisseurs de l’UEMOA.
Selon les chiffres avancés pour 2025, la dette extérieure a été stabilisée à 19 093,89 milliards FCFA, avec une hausse limitée à 2,15 %. Dans le même temps, la dette intérieure a progressé de 36,33 % pour atteindre 6 781,81 milliards FCFA.
Cette réorientation traduit une volonté de renforcer la mobilisation des ressources régionales tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des marchés financiers internationaux.
