La sortie d’Ayé Boun Malick Diop, secrétaire général du SYTJUST, en réponse aux arguments du ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, met en lumière un débat de fond sur la liberté syndicale au Sénégal.
En affirmant que « le ministre du Travail ne peut pas réinventer le syndicalisme », le responsable syndical rappelle que le rôle de l’État est d’encadrer et de garantir l’exercice des libertés syndicales, non de définir les orientations ou les stratégies des organisations de travailleurs. Dans une démocratie, le pluralisme syndical est un droit consacré par les textes nationaux et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal.
De son côté, le ministre peut légitimement appeler à un dialogue social responsable, à une meilleure représentativité ou à une rationalisation du paysage syndical. Toutefois, ces objectifs ne sauraient être atteints par une remise en cause de l’autonomie des syndicats.
Le véritable enjeu dépasse les échanges de déclarations. Il s’agit de restaurer un climat de confiance entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Le dialogue, la concertation et le respect mutuel demeurent les meilleurs outils pour prévenir les crises sociales et promouvoir des réformes consensuelles.
Au-delà des divergences, chaque partie gagnerait à privilégier les arguments de fond plutôt que les postures. Car un dialogue social solide est un pilier essentiel de la stabilité institutionnelle, de la justice sociale et du développement du Sénégal.
Mamadou Camara
Journaliste – Camou Communication
Kaolack
