Sénégal : Cinq hauts responsables de la Direction générale de l’Enseignement supérieur ont démissionné .

Le secteur de l’enseignement supérieur sénégalais traverse une nouvelle zone de turbulences. Cinq hauts responsables de la Direction générale de l’Enseignement supérieur (DGES) ont présenté leur démission, invoquant des désaccords profonds avec le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Boubacar Camara.

 

Les démissionnaires sont le Pr Abdoul Aziz Diouf (Directeur général de l’Enseignement supérieur), le Pr Babou Diene (Directeur de l’Enseignement supérieur public), le Pr Mame Penda Ba (Directrice du Financement des établissements d’enseignement supérieur), le Pr El Hadji Omar Thiam (Directeur des Études et de la Coopération) et le Pr El Hadji Samba Ndiaye (Directeur des Affaires académiques et juridiques).

 

Dans leur déclaration commune, ils affirment que leur décision est motivée par leur opposition à plusieurs orientations du ministre, notamment concernant le projet ESPOIR-Jeunes, doté de 123 milliards de FCFA, le programme « Un étudiant, un ordinateur », ainsi que des réformes portant sur les bourses et les amicales d’étudiants.

 

Selon eux, le projet ESPOIR-Jeunes constitue un levier majeur de transformation du système universitaire, avec la construction de nouveaux ISEP, le financement de la recherche, la modernisation numérique des universités, le renforcement de la qualité des formations et l’amélioration de l’insertion professionnelle des étudiants. Ils estiment que ces acquis risquent aujourd’hui d’être compromis par les nouvelles orientations du ministère.

 

Les signataires rappellent également avoir travaillé à une refondation de l’enseignement supérieur à travers l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI), qui comprend 75 recommandations et plusieurs projets de textes législatifs et réglementaires destinés à restructurer durablement le secteur.

 

Cette démission collective, particulièrement rare au sein de l’administration sénégalaise, ouvre une nouvelle séquence dans la gouvernance du système universitaire. Elle soulève des interrogations sur l’avenir des réformes engagées, la continuité des grands projets et la capacité des différents acteurs à trouver un consensus autour de la modernisation de l’enseignement supérieur.

 

Au-delà des divergences exprimées, cette affaire relance le débat sur la gouvernance des politiques publiques : comment concilier la continuité de l’État avec les nouvelles orientations d’un ministre ? Les prochains jours permettront de savoir si le ministère répondra publiquement à ces accusations et quelles conséquences cette crise aura sur l’avenir de l’université sénégalaise.

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