En politique, la communication interne comme la communication externe sont essentielles pour renforcer la crédibilité d’un parti et mobiliser efficacement les militants.
À Kaolack, l’annonce du lancement officiel de la vente des cartes de membre, prévu les 18 et 19 juillet 2026, peut prêter à confusion. Pour les personnes qui ne disposent pas de toutes les informations, cela peut laisser croire que les opérations de vente se limiteront uniquement à ces deux journées, alors qu’elles sont censées se poursuivre.
Le choix du lieu interroge également. Au lieu d’organiser cet événement dans une permanence symbolique, comme celle de Passoire, qui avait accueilli le président Ousmane Sonko au rond-point de Passoire, les organisateurs ont préféré le tenir à Niarry Tally, entre le Lycée Technique et le lycée Valdiodio Ndiaye. Pour de nombreux militants et sympathisants, ce site est relativement éloigné du marché central et du centre-ville.
Par ailleurs, la communication sur les réseaux sociaux, à elle seule, ne suffit pas. Un tel événement mérite un véritable engouement populaire, avec la présence de l’ensemble des responsables, des cadres, de la Jeunesse Patriotique (JPS), des femmes et de toutes les composantes du parti.
Il faut aussi tenir compte des réalités du terrain. Certaines personnes âgées auront des difficultés à se déplacer jusqu’au lieu choisi, tandis que de nombreux commerçants ne pourront pas abandonner leurs activités pour s’y rendre.
Les raisons de ce choix ne sont pas connues. Toutefois, si les responsables ne privilégient pas une gestion participative, inclusive et concertée, cela risque de créer des frustrations inutiles. Chacun ne doit pas chercher à s’approprier un événement pour gagner une visibilité politique personnelle. Ce serait une erreur de stratégie.
En politique, chacun connaît sa véritable place. Les anciennes pratiques fondées sur les rivalités, les clans, les jalousies et les guerres de position appartiennent au passé.
Au sein de PASTEF, certains responsables gagneraient à dépasser ces considérations. Être nommé à un poste de responsabilité ne fait pas tout. Beaucoup de responsables étaient inconnus du grand public avant l’émergence du leader charismatique Ousmane Sonko. Ils doivent donc faire preuve d’humilité et travailler dans l’intérêt collectif.
Comme le dit l’adage wolof : « Ku nekk dafa wara xam sa place » (Chacun doit connaître sa place).
Les sympathisants observent attentivement les comportements des responsables. Si certains privilégient les lobbies ou les intérêts particuliers pour obtenir des privilèges, ils se trompent de combat.
Plus d’ouverture, moins de jalousie, davantage de générosité politique et un véritable esprit d’équipe : voilà ce qui fait la grandeur d’une organisation politique et garantit sa pérennité.
Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack
