À Kaolack, la course à la mairie de 2027 semble déjà lancée. Des candidatures se dessinent, des ambitions s’affichent, des réseaux s’activent et certains se voient déjà dans le fauteuil du maire.
Mais attention : le Kaolack de 2027 ne sera pas celui des élections précédentes.
À tous ceux qui se déclarent candidats avec précipitation, il faut rappeler une vérité aussi simple que brutale : une candidature ne se décrète pas, elle ne se proclame pas et encore moins ne s’impose. Elle se mérite et, surtout, elle doit être réclamée par les populations.
Aujourd’hui, les citoyens ont changé. Ils observent, comparent, questionnent et sanctionnent. Les jeunes ne veulent plus entendre uniquement des discours. Ils veulent des perspectives, des emplois, des services publics efficaces, une ville propre, organisée et attractive.
La mairie n’est pas un trophée politique. C’est une charge publique.
Voilà pourquoi celui qui ambitionne de diriger Kaolack devrait commencer par répondre à une question fondamentale : les Kaolackois me demandent-ils réellement de les servir ?
Car vouloir être maire est une ambition personnelle. Être réclamé comme maire est une légitimité populaire.
Et entre les deux, il y a tout un monde.
« Mieux vaut susciter le choix des électeurs que de s’imposer comme choix. »
Pendant longtemps, Kaolack a souvent choisi ses maires au gré des affaires, des affiches, des alliances, des appareils politiques et des affinités. Mais cette époque est révolue.
Le scrutin de 2024 a constitué un véritable électrochoc. La victoire éclatante de Pastef avait fait naître un immense espoir. Mais l’espoir, lorsqu’il se heurte aux déceptions, produit nécessairement une nouvelle exigence.
Les électeurs de Kaolack ne donneront plus leur confiance les yeux fermés.
Ils ont appris. Ils ont vu. Ils ont expérimenté. Ils jugeront désormais sur pièces.
Et ceux qui pensent pouvoir reproduire les vieilles méthodes électorales risquent d’avoir une très mauvaise surprise.
Le visage électoral de Kaolack a profondément changé. L’arrivée de nombreux néocitadins a modifié les équilibres sociaux et politiques. Les réseaux sociaux ont libéré la parole. Les radios communautaires ont rapproché le débat politique des quartiers. Les citoyens sont désormais capables de déconstruire en quelques heures une réputation construite en plusieurs années.
L’affiche ne suffira plus. Le folklore politique ne suffira plus. Les alliances de circonstance ne suffiront plus.
Kaolack veut désormais savoir : Que proposez-vous ? Que savez-vous faire ? Qu’avez-vous déjà réalisé ? Et surtout, qu’allez-vous faire pour cette ville ?
À ceux qui rêvent déjà du fauteuil municipal, le message est donc clair : cessez de courir après la mairie et commencez par courir après la confiance des Kaolackois.
Manifestez votre disponibilité. Exposez votre vision. Montrez vos capacités. Allez à la rencontre des populations.
Et ensuite, attendez qu’elles vous appellent.
Car le véritable homme politique n’est pas celui qui proclame : « Je serai maire. »
C’est celui dont les populations finissent par dire : « Nous voulons qu’il soit notre maire. »
À Kaolack, en 2027, la bataille ne se gagnera donc pas seulement dans les états-majors politiques.
Elle se gagnera dans les consciences.
Et celui qui ne l’a pas encore compris risque de découvrir, au soir du scrutin, qu’il avait beaucoup de militants… mais pas suffisamment d’électeurs.
Alassane Sow Ba

Tamsir
Très beau article, nous encourageons notre frère Sow BA POUR CETTE BELLE PLUME