Une enquête d’opinion Ifop révèle un écart significatif de dix points entre la candidate du Rassemblement national et ses premiers poursuivants. En arrière-plan, une défiance massive touche la classe politique.
À dix-huit mois de l’élection présidentielle de 2027, Marine Le Pen s’impose en tête de la confiance accordée par les Français pour faire face aux grands enjeux de l’avenir. Selon une enquête de l’Ifop réalisée pour les Rencontres de l’avenir et présentée le 6 novembre à Saint-Raphaël, la figure du Rassemblement national recueille 36 % des suffrages, devançant nettement Édouard Philippe (26 %) et Bruno Retailleau (23 %).
Le duel à droite et le décrochage de la gauche
Derrière le trio de tête, les écarts se resserrent au sein du bloc de la droite républicaine.
Avec 21 % de confiance, le maire de Cannes David Lisnard ne pointe qu’à deux longueurs de Bruno Retailleau. Bien qu’aucun avantage décisif ne se dégage, cette faible distance renforce le poids de sa candidature face au ministre de l’Intérieur.
De son côté, Édouard Philippe se retrouve sous pression. Bien qu’il conserve la deuxième place du classement général, l’ancien Premier ministre se trouve aujourd’hui plus proche de ses rivaux de droite — 3 points devant Retailleau et 5 devant Lisnard — que de Marine Le Pen, qui le devance de dix points.
Enfin, la gauche accuse un recul net. Jean-Luc Mélenchon se classe septième avec 19 %, suivi en bas de tableau par Nicolas Dupont-Aignan et Marine Tondelier, tous deux crédités de 13 %.
Un pessimisme inédit à l’approche d’une présidentielle
Cette hiérarchie s’inscrit dans un climat de morosité civique particulièrement marqué. 82 % des personnes interrogées se disent pessimistes pour l’avenir, contre seulement 18 % d’optimistes. En 1995, lors de la première mesure comparative, la proportion s’élevait à 55 % de pessimistes et 44 % d’optimistes. Le pessimisme a ainsi progressé de 27 points en trente ans.
« C’est un niveau de pessimisme complètement inédit avant une élection présidentielle », résume Frédéric Dabi, directeur général Opinion de l’Ifop.
Les acteurs institutionnels préservés par les Français
Si la classe politique peine à susciter un adhésion massive, la défiance ne s’applique pas uniformément à toutes les figures d’autorité.
Les scientifiques arrivent en tête des acteurs de confiance avec 78 %, suivis par l’armée à 69 % et les maires à 65 %. En comparaison, Marine Le Pen, première personnalité politique du classement, se situe à 36 %. Les élus locaux conservent ainsi une avance de près de trente points sur les principaux responsables nationaux, illustrant un ancrage territorial qui résiste à la crise de confiance générale.
