*Kaolack/:Entre légende et relève où va le football local ?*

 

Par Mamadou Camara – Camou Communication, Kaolack

Kaolack, terre de football, oscille aujourd’hui entre un glorieux héritage et des défis contemporains. Des générations entières de passionnés ont foulé les terrains sablonneux de Médina Mbaba, de Monaco, de Kasnack ou encore du stade Lamine Guèye. Si certains sont restés dans la mémoire collective locale, d’autres ont porté haut les couleurs du Sénégal.

Mais aujourd’hui, face à un système encore largement amateur, la professionnalisation du football kaolackois apparaît comme une urgence vitale.

Des noms gravés dans l’histoire

Le football à Kaolack, c’est d’abord des hommes, des destins, des légendes vivantes ou disparues, qui ont fait vibrer les foules.

Parmi les figures emblématiques :

Pape Moussa Ndiaye, défenseur redouté, longtemps capitaine du Mbossé ;

Feu Mamour Badji, gardien légendaire aux arrêts spectaculaires ;

Papa Macodou Diop, alias « Zico », capitaine mythique, élégant et technique, passé aussi par le Casa Sports ;

Bara Aw, Assane Tall, Lala Soumah, Bounama Diéye, Moussa Traoré, Bobo Camara, Mandiaye Ngolo, Na Diallo, Petit Kâ, Boubacar Diallo de Koundam, Baytir Samb, Baye Thiam, Sarr Baba, Ngom Étages, et tant d’autres.

Ils ont marqué les esprits par leur talent, leur rage de vaincre et leur attachement au maillot.

Le Mbossé : une école de football et de valeurs

Le Mbossé de Kaolack a longtemps été la vitrine du football local. Ce club mythique a vu passer de grands noms :

Gora Beye, capitaine au style sobre et élégant ;

Adama Pouye et Nicolas Mbaye, milieux talentueux ;

Seydou Sarr « Barra », Chérif Kandji, piliers défensifs ;

Mass Faye, dribbleur imprévisible ;

Balbaky Yahya, Sassy Ngom, Moussa Kabatoki, Moussa Samb, Niang Malick, Arona Diack, Seydou Siw Bourgeois, etc.

Sans oublier Ibou Soum, figure populaire du club, ou encore Amadou Anta Lo dit Lo Ndama, « Ndiaye Sénélec », tous arrachés à notre affection.

Les bâtisseurs de talents : les entraîneurs

Le football kaolackois ne serait rien sans ses formateurs. À leur tête, Alioune Badara Diop, dit « Batteux », entraîneur emblématique du Mbossé, qui a façonné plusieurs générations.

D’autres techniciens comme Yérim Diagne, feu Mbaye Sarr, René Diouf, Bamour Fall, ont également contribué à écrire cette belle page sportive.

Nouvelle génération : du talent en quête de structure

Aujourd’hui, la relève est bien présente. De nombreux jeunes évoluent dans les clubs comme ASC Saloum, Kaolack FC, Mbossé FC, ou encore dans des académies privées.

 

Dotés de vitesse, de technique et d’une grande motivation, ces jeunes grandissent dans un contexte globalisé, nourrissant des rêves de carrière internationale. Mais le manque de structures professionnelles, d’encadrement et de compétitions de haut niveau freine leur ascension.

 

Deux générations, deux réalités

 

Hier, on jouait par passion, pour la gloire du quartier, de la ville, dans un cadre communautaire fort.

Aujourd’hui, on joue pour percer, décrocher un contrat, faire carrière. Mais sans infrastructures ni ligue professionnelle, le rêve se heurte à une dure réalité.

Professionnalisation : les pistes à explorer

Pour faire émerger un football digne du potentiel kaolackois, plusieurs actions sont nécessaires :

1. Créer une ligue régionale semi-professionnelle, bien structurée, avec un calendrier régulier et des primes motivantes.

2. Moderniser les infrastructures : terrains synthétiques, éclairage, vestiaires, tribunes.

3. Former les encadreurs locaux, en leur donnant accès à des certifications reconnues.

4. Tisser des partenariats solides avec les clubs professionnels sénégalais et étrangers.

5. Mettre en place un système de détection performant, des U13 jusqu’aux U20.

6. Soutenir les académies privées sérieuses, moteurs essentiels de la formation.

 

Conclusion : écrire une nouvelle page

 

Le football à Kaolack possède une histoire riche et vibrante, mais il ne peut se contenter de la nostalgie. Les talents sont là, la passion aussi. Ce qu’il manque, c’est une vision, des moyens, et une volonté collective pour transformer cet héritage en tremplin vers l’avenir.

 

À l’heure où le Sénégal brille sur les scènes continentale et mondiale, Kaolack ne peut rester en marge. Il est temps de structurer, d’investir, et de professionnaliser.

 

Mamadou Camara

Journaliste – Camou Communication

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